Schizophrénie : un psychiatre démonte les idées reçues

Caroline Dreyfus-Rose

Mal connue et stigmatisée, cette maladie psychiatrique souffre de nombreux préjugés. On décrypte la schizophrénie avec le Pr Raphaël Gaillard*, psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne, à Paris.

De Docteur Jekyll et Mister Hyde en passant par Psychose ou Split, la littérature et le cinéma ont largement nourri les clichés terrifiants. La société porte aujourd’hui encore un regard méfiant sur la schizophrénie. Dans l’imaginaire collectif, derrière cette maladie se cache un personnage violent, incontrôlable et promis à un avenir sombre. Employé à tort et à travers dans le langage courant, le mot schizophrène est toujours prononcé dans un contexte négatif. Autant d’idées reçues qu’il est temps de combattre.

Ils sont dangereux

FAUX D’horribles faits divers ont marqué les esprits, mais ils ne reflètent pas la réalité. En effet, les accès de violence au cours d’une crise sont rarissimes. Et la majorité des crimes en France sont commis par des délinquants qui n’ont pas de pathologie mentale. En revanche, les malades sont des êtres sensibles et très vulnérables : ils sont sept fois plus victimes d’agressions que la population générale. Par ailleurs, leur souffrance intérieure est telle que leur agressivité se tourne davantage contre eux-mêmes. Près de 40 % d’entre eux commettent une tentative de suicide au cours de leur vie et entre 10 et 15 % mettent fin à leurs jours.

Les malades ont une double personnalité

FAUX Certes, l’étymologie grecque (« skhizein » pour fendre et « phrên » pour esprit) induit en erreur. Et les malades tiennent parfois un discou...Lire la suite sur Femina.fr

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