Sectes : les femmes surexposées

Fanny Ruz-Guindos--Artigue
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Parmi les 3 000 signalements émis en 2020 auprès de la Miviludes, l'instance de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires rattachée au ministère de l'Intérieur, les femmes seraient principalement touchées. Marlène Schiappa, ministre déléguée chargée de la citoyenneté, entend les protéger davantage.

ELLE. Comment les dérives sectaires se sont-elles développées depuis le début de la crise sanitaire ?             

Marlène Schiappa. On fait face à des petits groupes éclatés – y compris sur les réseaux sociaux – plutôt qu'à des grandes organisations. 140 000 personnes sont touchées, dont près de 90 000 enfants qui grandissent dans des sectes. À l'aune de la crise sanitaire, 40 % des signalements concernent la santé : de faux médecins vous vendent, par exemple, de l'eau prétendument miraculeuse… Nous sommes dans une période où nous perdons parfois nos repères et où l'anxiété est forte : les gourous en jouent.               

ELLE. Il y a une surexposition des femmes, notamment enceintes, aux dérives sectaires : comment l'expliquez-vous ?              

M.S. Il s'agit encore d'un énorme tabou. Cela s'explique notamment par la précarité financière qui les touche davantage et les place dans une position de vulnérabilité. C'est aussi le fait de la prédation sexuelle, comme nous l'a montré la terrible affaire de la jeune fille de 15 ans violée au sein d'un cercle ésotérique dans l'Aveyron. Quant aux femmes enceintes, cela doit nous interroger sur la prise en charge de la grossesse puis de la maternité. Les aspects psychologiques et personnels sont trop peu pris en compte dans la médecine. Les sectes s'engouffrent dans ces manquements.            

ELLE. Vous avez nommé la magistrate Hanène Romdhane à la tête de la Miviludes. Quels autres...

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