SOPHIE, mort d’une hyperpop star

Carole Boinet
·2 min de lecture
© Charlotte Wales/Pias
© Charlotte Wales/Pias

Dans la vie, certaines rencontres sont plus frappantes que d’autres. Et puis, il y a celles qui sont happantes, comme un vertige, un bourdonnement dans l’être, un angle de vue soudain radicalement différent. Il en fut ainsi de SOPHIE, productrice avant-gardiste de l’avant-garde, transgenre, rencontrée en 2018 en amont de sa date au festival parisien Loud & Proud, à la Gaîté Lyrique. Déstabilisée par sa musique, je venais chercher des réponses à mes questions. C’était oublier que les mots ne peuvent plus grand-chose face à certaines musiques.

Justement, SOPHIE inventait son propre langage, maximal. “La musique peut dire des choses que le langage ne peut pas exprimer, assurait-elle. Je crois que j’ai découvert ça intuitivement. Tout acte est politique, mais la musique ne devrait pas l’être ouvertement, car je trouve le langage politique limité. La musique peut dire des choses plus contrastées, plus honnêtes. Ça permet de définir un nouveau monde et des idées pour lesquelles nous n’avons pas de mots.”

SOPHIE est décédée à l’âge de 34 ans à Athènes, le 30 janvier. Dans un communiqué, les labels Transgressive et Future Classic déclarent : “Fidèle à sa spiritualité, elle avait grimpé pour regarder la pleine lune, a accidentellement glissé et est tombée. Elle sera toujours là avec nous.”

Synthés très appuyés, voix méga-autotunée et glitch

Née à Glasgow, SOPHIE fréquente les raves avec son père dès l’âge de 9 ans. Blasée du rock, elle se connecte aux musiques électroniques, les logiciels formant une âme sœur pour cette personnalité timide, dont la discrétion voire l’absence furent longtemps une signature, personne ne sachant bien qui était SOPHIE, voire doutant de sa réalité humaine, l’imaginant intelligence artificielle logée dans les limbes d’internet.

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