Splendeur et misères du "Phocéa"

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le voilier, qui a fait rêver tant de marins, a sombré au large de la Malaisie le 19 février dernier. Construit en 1976 pour le navigateur Alain Colas, son histoire, romanesque, en a fait un mythe. Devenu yacht de luxe, il a séduit les grosses fortunes, Mouna Ayoub, Xavier Niel ou Bernard Tapie, son propriétaire le plus emblématique. Rebaptisé "Enigma", il navigait ces dernières années dans les eaux troubles des paradis fiscaux.

« Grand bateau », c’est ainsi qu’Alain Colas surnommait son monocoque géant alors en construction dans l’arsenal du Mourillon, à Toulon. L’ex-élève de Tabarly, devenu son rival, s’est lancé dans un projet fou : concevoir et bâtir le plus grand voilier du monde pour prendre le départ de la Transat anglaise en solitaire de 1976. Un demi-siècle qu’on n’avait pas mis en chantier un tel navire : 72 mètres de longueur, 4 mâts, 250 tonnes, des innovations et des instruments à la pointe de la technologie.

En novembre 1975, immobilisé à Clammecy chez ses parents après s'être presque arraché le pied dans une chaîne d'ancre, Alain Colas fignole sa maquette.
En novembre 1975, immobilisé à Clammecy chez ses parents après s'être presque arraché le pied dans une chaîne d'ancre, Alain Colas fignole sa maquette.

En novembre 1975, immobilisé à Clammecy chez ses parents après s'être presque arraché le pied dans une chaîne d'ancre, Alain Colas fignole sa maquette. © Jean-Claude Deutsch/Paris Match

Michel Bigoin, architecte naval marseillais, sera le maître d’œuvre ; Gaston Defferre, le parrain ; Gilbert Trigano, le sponsor de cette F1 des mers qui va s’appeler « Club-Méditerranée ». Dans cette aventure, tout est démesuré – y compris le budget de 10 millions de francs – et surtout périlleux. Car Alain Colas s’engage dans cette compétition avec un handicap : malgré une vingtaine d’opérations pour réparer sa cheville et son pied, broyés par une chaîne de grappin, il marche toujours difficilement. Il finira cinquième de cette course, remportée par Eric Tabarly.

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