Le stand-up a un genou à terre, mais veut se relever

Théo Ribeton
Christine Coquilleau

Le monde du stand-up français est au point mort depuis le 15 mars. C’est certes le cas d’à peu près toute la culture, voire de tout le monde, mais c’est le sien à un degré encore un peu plus préoccupant. Il n’est sans doute pas de discipline artistique moins adaptée aux nouvelles règles de distanciation sociale et de gestes barrière que cet art scénique, pratiqué dans de toutes petites salles congestionnées et sans fenêtres, souvent des caves, devant des spectateurs entassés les uns contre les autres, qu’il s’agit de faire rire bouche grande ouverte pendant une heure. L’adage n’a jamais été aussi actuel : le rire est contagieux. Pourra-t-il ne pas l’être ?

Depuis deux mois, dans ce microcosme où tout le monde se connaît par habitude de se croiser sur les plateaux parisiens, et communique quasi quotidiennement par téléphone ou Whatsapp, on cherche des moyens de répondre “oui”. Si certains des artistes ayant accepté de nous répondre – anonymement ou non – affichent un relatif abattement (untel : “je fais une pause durable, parce que je refuse de jouer devant un public masqué” ; un autre : “ça va être triste de jouer devant des salles jaugées, on va le faire parce qu’on n’a pas le choix mais je ne me fais pas à l’idée”), beaucoup croient à la reprise, et de nouveaux formats émergent par la force des choses.

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