La sublime solitude de Nick Cave en live confiné

Rémi Boiteux
·1 min de lecture
© Joel Ryan/AWAL
© Joel Ryan/AWAL

“Il ne faut pas faire trop de bruit, juste frémir, ne rien électrifier. (…) Plus de preacher à l'index accusateur ni même de crooner déclamant, place à la douceur et à la confidence.” Ce sont les mots d’Arthur-Louis Cingualte dans son brillant essai sur Nick Cave (L’Evangile selon Nick Cave, Les Editions de L’Eclisse, 2020). L’historien de l’art, fin connaisseur de l’œuvre, évoque alors le tournant qu’a parachevé The Boatman’s Call (1997) dans la carrière du songwriter australien.

Ce moment où la colère diluvienne s’évapore derrière les touches du piano. Or, ce disque live – au sens le moins orthodoxe du terme – a pour titre Idiot Prayer, justement l’une des sublimes ballades de ce joyau noir. Elle ouvre ici la vingtaine de chants graves et pourtant aériens d'un long moment d’intimité, après une introduction parlée reprenant une autre prière, Spinning Song, qui inaugurait la foudroyante splendeur de l’endeuillé Ghosteen (2019).

Des mélodies déployées dans l’épure

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