« Pas suffisant » : au Canada, les autochtones attendent davantage du pape

© SIPA

En visite au Canada, le pape François a présenté des excuses publiques aux autochtones pour le rôle de l’église dans l’assimilation forcée de milliers d’enfants dans des écoles résidentielles. Mais pour les victimes et leurs familles, ces excuses ne suffisent pas.

Sous une tente, devant le sanctuaire catholique qui accueille le pape François au Québec, un guérisseur fait brûler des feuilles de sauge en dispersant la fumée à l’aide d’une plume : un rituel autochtone pour guérir les traumatismes. Face à lui, une femme pleure.

La douleur des survivants des pensionnats est au cœur du voyage du pape au Canada, mais ils sont nombreux, notamment parmi les jeunes générations, à estimer que les excuses papales ne suffisent pas. « Pour moi, ce n’était pas suffisant » affirme Abigail Brooks, 23 ans, peu avant l’arrivée du souverain pontife au sanctuaire Saint-Anne-de-Beaupré, sur les rives du fleuve Saint-Laurent.

Si la jeune femme, membre de la Première nation Saint Mary’s, de la province voisine du Nouveau-Brunswick, dans l’est du pays « accepte » ses excuses, elle regrette qu’il n’ait pas « nommé les abus sexuels qui étaient omniprésents dans les pensionnats » gérés en majorité par l’Église catholique, où quelque 150 000 enfants ont été placés de force entre la fin du XIXe siècle et les années 1990.

Elle souhaiterait aussi « avoir accès aux archives » et qu’il rende les objets d’art autochtones conservés au Vatican. « Ils en ont tellement, depuis si longtemps, ça fait partie de la réconciliation de récupérer ce qui nous appartient », dit-elle, vêtue d’une robe traditionnelle considérée comme ayant des vertus guérissantes selon les rites autochtones.

Dans la foule, ils...

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