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Suicide de Lucas : insultes, coups... une adolescente témoigne de son harcèlement dans le même collège

Une adolescente de 12 ans harcelée quotidiennement dans un collège vosgien - BFMTV

Les parents de la jeune femme pointent l'inaction du principal et doivent se résigner à changer la collégienne d'établissement pour la rentrée prochaine.

"Je n’ai pas envie qu'il lui arrive la même chose qu'à Lucas." Ces mots glaçants, prononcés par la mère d'une adolescente scolarisée au collège Louis-Armand de Golbey (Vosges), où était scolarisé le jeune homme de 13 ans qui s'est donné la mort début janvier, témoignent de la violence de la situation vécue au quotidien par sa fille de 12 ans.

"Il continue à ne rien faire"

Auprès de BFMTV, la collégienne liste les sévices physiques et psychologiques dont elle est victime depuis l'école primaire. "Elles m’insultent, me disent des gros mots, me harcèlent, prennent mes affaires et ne me les rendent jamais", explique-t-elle, pointant trois camarades en particulier.

Parfois, les trois harceleuses s'en prennent à l'intégrité physique de l'adolescente. "Elles me poussent, me font tomber par terre, me claquent, me tirent les cheveux, me mettent des coups de poing, me tordent les doigts et me mettent des coups de pied, tous les jours, à chaque fois", détaille-t-elle encore.

Ce harcèlement quotidien est "pesant" pour les parents, qui ont pourtant interpellé le principal du collège. "On a beau lui signaler, mais j‘ai l’impression qu’il continue à ne rien faire", se lamente-t-elle. Comme solution, la famille n'a d'autres solutions que de changer l'adolescente d'établissement pour la rentrée prochaine.

Collégiens jugés au printemps

Ce nouveau témoignage intervient alors que ce dimanche se tient une marche blanche en mémoire du jeune Lucas qui s'est donné la mort à l'âge de 13 ans. "Pour moi c'est le harcèlement qui a été l'élément déclencheur", avait déclaré sa mère Séverine, 35 ans, très émue lors d'une conférence de presse organisée la semaine passée à Épinal aux côtés de son avocate, Me Catherine Faivre.

Quatre collégiens, également âgés de 13 ans, seront jugés au printemps pour l'avoir harcelé et poussé au suicide, avait annoncé vendredi le procureur de la République d'Epinal, Frédéric Nahon. Celui-ci a aussi annoncé l'ouverture d'une "enquête incidente contre X pour non dénonciation de mauvais traitements sur mineurs".

"Présumés innocents, inconnus de la justice, (ils) feront l'objet d'une évaluation par la protection judiciaire de la jeunesse avant leur jugement", a souligné le procureur.

Article original publié sur BFMTV.com

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