Les superstitions, c’est bon pour le moral !

Vous détestez croiser un chat noir ou passer sous une échelle ? Vous misez sur les vertus des trèfles à quatre feuilles et des grilles de Loto remplies le vendredi 13 ? Souvent moquées, ces croyances irraisonnées ont pourtant du bon. Si leur capacité à influer sur les événements à venir demeure sujette à caution, leur rôle dans notre équilibre psychologique ne serait pas du tout négligeable, assurent les spécialistes.

Même plus peur !

Parce que vous avez l’impression que le jeudi vous porte la poisse, vous avez décidé de ne plus prendre de rendez-vous ce jour-là ? Fondée ou non, cette décision vous permet au moins de rester parfaitement détendue les autres jours, convaincue que rien de mauvais ne peut alors vous arriver. Là réside l’un des principaux mérites de la superstition : elle nous donne l’occasion de contrôler notre environnement, de reprendre l’avantage sur l’imprévisibilité de la vie en y introduisant une dose de logique, même illusoire. « C’est une magnifique création des individus et des sociétés pour aménager la peur du monde. Elle permet d'apprivoiser l'anxiété, de fixer le danger sur un seul objet et de faire en sorte de l'éviter en pratiquant certains rites. Au lieu de ressentir une angoisse diffuse, on la focalise », explique ainsi Roland Jouvent*, psychiatre et professeur à l’Université Paris VI.

Sésame, protège-moi

À l’image des enfants qui disent « pouce » lorsque le jeu tourne au vinaigre, nous nous raccrochons à nos pensées magiques lorsque nous en éprouvons le besoin. Elles sont comme des talismans qui nous apaisent et nous protègent dans les périodes de doute, de crise, voire de danger. Professeur à l’université de Tel-Aviv, la scientifique Gioria Keinan a ainsi réalisé en 2002 une étude sur le lien entre stress et superstition, en questionnant 174 Israéliens après les attaques de missiles irakiens durant la guerre du Golfe, en 1991. Ceux qui rapportaient les niveaux les plus élevés de pression (pour avoir été davantage exposés aux tirs) étaient

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