Témoignage : "A 42 ans, j'ai appris que j'avais la maladie d'Alzheimer""

Florence Niederlander, 48 ans, ne souhaite pas particulièrement se mettre en lumière. Ce qu’elle veut, c’est tenter de faire comprendre cette maladie au plus grand nombre, surtout quand elle atteint une personne aussi jeune qu’elle. Dans son journal intime qu’elle a décidé de publier aux éditions Michalon (*), elle raconte les malentendus que peut occasionner son handicap invisible, ses souffrances mais aussi ses petits amusements du quotidien.

"Je n’ai pas reconnu ma cuisine"

« C’est mon fils, alors âgé de 12 ans, qui le premier s’est inquiété de mon comportement. Je lui posais les mêmes questions en boucle, je cuisinais de moins en moins et laissais les produits se périmer dans le frigo, j’oubliais des rendez-vous, des réunions à l’école. Un jour, je suis entrée dans ma cuisine et je n’ai pas reconnu cette pièce pourtant si familière. Je ne savais plus du tout où j’étais. Mon fils a eu ces quelques mots : " ça craint maman… ". Ils m’ont fait l’effet d’un électrochoc tant ça n’était pas son vocabulaire habituel.

"Le diagnostic me laisse incrédule"

J’ai rapidement consulté un neurologue et peu de temps après, le diagnostic est tombé : Alzheimer. J’étais abasourdie, comme si je venais de recevoir un coup de masse. Incrédule aussi : ça n’était pas possible, cette maladie ne concernait pas les personnes de mon âge ! Mon premier réflexe pour faire face a été d’écrire, un peu chaque jour. Pour fixer les événements qui m’échappaient et aussi raconter ce que je vivais de l’intérieur. Au départ, je pensais que ces écrits ne seraient lus que par mon fils. Je voulais qu’il puisse y trouver des réponses, mieux comprendre toutes les réactions bizarres, parfois agressives que je peux avoir à cause de la maladie, malgré l’amour immense que je lui porte.

"Les mots n’ont plus la même valeur"

Dans cet acte d’écriture, il y avait des jours avec et des jours sans. Des moments où l’écriture était fluide et libératrice, d’autres où les mots ne me venaient pas, ou pas les bons, ou trop forts

(...) Cliquez ici pour voir la suite