Témoignage : "Je partage mon toit et mes vacances avec d'anciens SDF"

Aliénor, 28 ans, responsable de communication. Pour approfondir son engagement en faveur des démunis, Aliénor a contacté l'association Lazare*, qui anime et développe des colocations habitées à part égale par des jeunes actifs de 25 à 35 ans et des personnes qui ont été sans domicile fixe. Il existe actuellement huit maisons en France et deux à l'étranger. L'initiative connaît un tel succès que quatre autres vont bientôt voir le jour.

* http://lazare.eu/

La Rue du Refuge, à Nantes, porte bien son nom. Elle abrite une ancienne école transformée en maison "partagée" par l'association Lazare. C'est là qu'Aliénor a posé ses valises, en septembre dernier, après avoir quitté sa vie parisienne et son poste de chef de projet, et postulé pour un job de responsable de communication dans une association nantaise, ce qui correspond davantage à ses valeurs.

"Je me suis sentie immédiatement chez moi"

"A Paris, je vivais en colocation avec d'autres jeunes de mon âge. J'avais un métier intéressant et une vie sociale remplie, mais il me manquait l'essentiel. C'est pour répondre à cette quête de sens que j'accompagnais durant le week-end des jeunes porteurs de handicap au sein de l'association "A Bras Ouverts" ou distribuais des cafés aux sans-abris avec "Macadam Café". J'ai fait aussi des maraudes. Impuissante, j'ai observé leur détresse. J'avais envie de vivre la relation à un autre niveau. Un ami d'école de commerce m'avait parlé de l'association Lazare. Quand je suis venue visiter la maison de Nantes le 21 juin, l'une des colocataires, Freddy, qui a connu la galère de la rue, animait un concert sur un parking. L'ambiance était top, tout le monde parlait à tout le monde. Je n'avais pas envie de repartir. Ce fut le déclic.

"Tout le monde paie le même loyer"

Ici, nous ne vivons pas dans un dortoir. La maison, lumineuse et confortable, accueille cinq studios, un grand appartement pour la "famille responsable de maison" (chargée de chapeauter notre vie commune, de recruter les volontaires mais

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