Tilda Swinton embrase “La Voix humaine” de Pedro Almodóvar

Gérard Lefort
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© El Deseo
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En ouverture du nouveau film, bref (29 minutes) mais majeur, de Pedro Almodóvar, La Voix humaine (d’après Cocteau), une femme erre dans un hangar. L’attention est accaparée par la somptuosité de ses robes : en rouge et noir, de la haute couture contemporaine (Balenciaga) qui, dans ce cadre industriel désaffecté, semble ambassadrice d’une cérémonie crépusculaire : funérailles, voire antichambre de l’échafaud. Un visage émerge, blafard et inquiet, celui de Tilda Swinton, instantanément sublime et sublimée, telle une altesse déchue.

Une hache ? Pour fendre ? Tuer ?

En rupture, suit un générique pop où des instruments de bricolage (pince, marteau, etc.) s’animent et dansent. Des objets de quincaillerie au magasin qui les vend, la conséquence est logique : une saynète, dont on ne sait pas encore qu’elle sera la seule en extérieur de cette fiction conçue pendant le premier confinement – où Almodóvar attrapa le Covid, non-dit claustrophobe du récit. Un vendeur se presse vers une élégante cliente, Tilda S. de nouveau, en arrêt devant le rayon des haches.

Elle en achète une de taille moyenne. L’employé l’empaquette comme un cadeau précieux. Cette délicatesse est la transpiration de son inquiétude, qui est aussi la nôtre : une hache ? Pour fendre ? Tuer ?

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