Notre top 100 des albums 2020

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Dossier coordonné par Carole Boinet, Rémi Boiteux, Vincent Brunner Naomi Clément, Maxime Delcourt, Arnaud Ducome, Adrien Durand, Valentin Gény, Noémie Lecoq, Brice Miclet, François Moreau, Jérôme Provençal, Xavier Ridel, Sophie Rosemont, Patrick Thévenin, Franck Vergeade

100 On&On de Daniel Blumberg (Mute/PIAS)

Pris au piège de cette grande centrifugeuse qu’est l’existence, Daniel Blumberg a trouvé son salut dans les arts plastiques et, surtout, l’expérimentation musicale pour se sortir d’une dépression qui en aurait laissé plus d’un·e sur le carreau. Pour son deuxième album, le Londonien s’entoure d'un quartet d'amis fidèles (déjà au générique de Minus) pour emmener la pop du côté des territoires infinis de l’improvisation. FM

99 Hey Clockface de Elvis Costello (Concord/Universal)

En excellente forme artistique, le rockeur sexagénaire revient avec un album voyageur où la maîtrise va de pair avec les surprises. Ce trente-et-unième lp solo prouve que le Britannique a conservé intact le goût de l’aventure et des rencontres : alors que le monde s’apprêtait à se calfeutrer, il l’a enregistré en février dernier entre Helsinki, Paris et New York, recevant le soutien d’accompagnateurs venus jouer avec lui. VB

98 Figures d’Aksak Maboul (Crammed/L'Autre Distribution)

Sans changer sa formule magique d’un iota, Aksak Maboul opère sur ce double album foisonnant un grand mélange de programmations électroniques et d’instruments, cabossant les mélodies et dadaïsant les samples, alternant interludes sous LSD et purs moments de pop audacieuse portée par des textes surréalistes, saupoudrés d’humour belge. Une magistrale leçon de pop contemporaine et décalée. PT

97 Songs for the General Public de The Lemon Twigs (4AD/Wagram)

Avec un sens racé du songwriting et un vaste spectre musical, les frères Brian et Michael D’Addario continuent de décoiffer le glam rock et la pop vintage sur leur troisième album. Le titre de Songs for the General Public dit à quel point les chansons multicolores des Lemon Twigs devraient être déclarées d’utilité publique, voire remboursées par la Sécurité sociale. FV

96 Nosso Ritmo de Yuksek (Partyfine/Believe)

Le producteur français sort de sa zone de confort electro-pop pour embraser le dancefloor et nous faire danser jusqu’au bout de la nuit. Nosso Ritmo, son quatrième lp, confirme à merveille un glissement vers des territoires purement disco et house. Rempli à ras bord de featurings parfois étonnants, l’album oscille en permanence de la langueur torride à la fièvre du samedi soir et multiplie les influences (bossa-nova, eurodisco, garage...). PT

95 Vanité de Klub des Loosers (Ombrage édition/PIAS)

Dans un nouvel album invitant Roméo Elvis et le chanteur de Biche, le Klub des Loosers continue de tremper ses rimes dans la plaie avec brio. Leader et fondateur, Fuzati confirme sa connaissance encyclopédique de la musique moderne et son amour des machines. A bord de ce manège des vanités, il dissèque méthodiquement les travers égomaniaques d’une société obsédée par la culture de la win et de l’autocontemplation. FM

94 Un, deux, trois de Juniore (Le Phonographe/Sony Music)

Toujours pop et élégante, la musique de Juniore est essentielle au paysage francophone contemporain. Sur ce deuxième album, le trio mixte se joue des époques, mariant allègrement l’art-rock pétillant des B-52’s aux formules pop de Jacqueline Taïeb, la langueur acoustique de Françoise Hardy aux vibrations du surf rock sixties. En résulte un disque à la texture surannée, vaporeuse et électrique, sensuelle et sentimentale. SR

93 Strange to Explain de Woods (Woodsist)

Sur ce onzième album plus orchestré et aux effluves psyché, le groupe de Brooklyn habille de pop sa déchirante mélancolie, tout en conservant l’essence folk et lo-fi de ses débuts, il y a quinze ans. Alternant moments de joie et rechutes introspectives, Strange to Explain témoigne du temps qui passe et des bleus qu’il laisse à l’âme, tout falsetto dehors. FM

92 Aimée de Julien Doré (Columbia/Sony Music)

Album après album, Julien Doré ne cesse de vouloir fédérer, même si c’est bien sa solitude d’être au monde qui nourrit ses chansons, jamais aussi bonnes que reprises en chœur. Avec Aimée, son cinquième disque, l'artisan pop le plus populaire de France dépayse son inspiration des souffrances amoureuses à l'angoisse collapsologique. Sans rien céder pour autant sur l'humour et l'efficacité mélodique. SR

91 The Performer de James Righton (Dewee/PIAS)

Cofondateur de Klaxons, le Londonien s’affirme en solo sur The Performer, acte d’émancipation raffiné et sans artifices. Entre Wurlitzer, cordes, guitares acoustiques, basses rondes et batteries aux tessitures si caractéristiques des sixties, le trentenaire s’empare des parfaits attributs d’une pop fantasmée, influencée aussi bien par le tandem Vannier-Gainsbourg que par Roxy Music et The Last Shadow Puppets. VG

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