Le travail comme asile

Lou Bes,Ségolène Forgar

Fuyant les violences de leur pays, les réfugiées Magda, Aïcha, Leen et Olivia ont dû repartir de zéro pour se réinventer ailleurs. Pour ces femmes, retrouver un travail, et devenir indépendantes, est la condition du salut.

Dans leur ancienne vie, elles étaient prothésiste dentaire, architecte, médecin, étudiante... jusqu'à ce que tout bascule. Obligées de fuir les guerres et les conflits politiques de leur pays – comme 25,9 millions de réfugiés qui sont répartis à travers le monde, selon l'UNHCR* –, elles ont tout perdu et doivent tout reconstruire. En 2018, la France a reçu près de 124 000 demandes d'asile, dont 33 % émanant de femmes. Plus de 46 700 personnes (mineurs inclus) ont été placées sous la protection de l'Ofpra** aux titres du statut de réfugié et de la protection subsidiaire. Ce statut, qui permet aux réfugiés d'entrer dans le droit commun français, leur donne, entre autres, accès au travail.

Or le travail est un sésame essentiel pour recouvrer une vie à peu près normale. « En France, je voulais un poste similaire à celui que j'avais à Damas, témoigne Caroline Haddad, une Syrienne de 39 ans. C'était pour moi le moyen de retrouver au moins un repère dans tout le chaos que je traversais alors. » Mais le chemin se révèle semé d' embûches. Inscription à Pôle emploi, apprentissage de la langue, équivalence des diplômes, recherche d'emploi... C'est sur ce dernier point que se concentre l'association Kodiko. Par son biais, pendant six mois, un salarié français accompagne un nouvel arrivant et lui transmet les codes culturels pour l'aider à être autonome sur le marché du travail. « C'est une richesse pour le binôme », ajoute Caroline,...

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