Triplement primé à Deauville, “The Nest” débarque sur Canal+

Théo Ribeton
·1 min de lecture
© Nest Film Productions Limited/Spectrum Movie Canada Inc.
© Nest Film Productions Limited/Spectrum Movie Canada Inc.

Jude Law : un nom auquel on s’est peu à peu déshabitué·es ces dix dernières années, et qui aujourd’hui inspire en premier lieu une espèce de nostalgie. Il faut s’en souvenir : dans les années 2000, c’était pratiquement un nom commun, synonyme d’une forme de séduction matoise, souvent prédatrice (Closer, Alfie), parfois plus cotonneuse (My Blueberry Nights, The Holiday), et dont le visage ni vieux ni jeune, à la Timberlake, semblait alors inaltérable.

Mais Jude Law a lassé, ou plutôt les Jude Law movies ont lassé, et bien que la décennie 2010 de l’acteur soit loin d’être honteuse (des rôles secondaires chez Martin Scorsese, Wes Anderson, Woody Allen...), elle a étrangement fait de lui un drôle de préretraité précoce – comme si on avait cessé de le considérer comme un organe actif du cinéma de son temps, pour simplement goûter ses apparitions occasionnelles (“Ah tiens, Jude Law”) sans jamais en attendre grand-chose.

Un des mérites de The Nest est de conjurer ce début de malédiction, de “rendre” Jude Law, grâce à une partition d’envergure et un espace de jeu grand luxe que l’acteur occupe en souverain. Et ce dès la scène d’ouverture, qui semble tout autant dédiée à rappeler sa dextérité, rétablir sa stature (instantanément, il compte à nouveau), qu’à poser le personnage : un homme seul, probablement riche, contient son anxiété quelques instants, avant de passer un coup de téléphone professionnel où l’on devine, derrière sa décontraction soudainement feinte, de gros enjeux.

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