Troubles des conduites alimentaires : connaître pour reconnaître

·2 min de lecture

Dans les troubles des conduites alimentaires (TCA), « il y a un problème d’accès aux soins important, avec une certaine honte à la divulgation de cette problématique, une certaine honte à en parler au corps soignant. Il est important de déstigmatiser ces situations pour faciliter l’accès aux soins ». Dans une vidéo postée ce mercredi par le CHU de Nantes à l’occasion de la première journée mondiale des TCA, le Dr Bruno Rocher, psychiatre et addictologue, pointe l’une des grandes caractéristiques des personnes souffrant d’anorexie mentale, de boulimie et d’hyperphagie boulimique.

Car selon la Fédération française anorexie boulimie à l’origine de cette journée mondiale, « les troubles des conduites alimentaires concernent près d’un million de personnes en France. Plus de la moitié d’entre elles ne sont pas dépistées et n’accèdent pas encore aux soins ». Mais pour faciliter l’accès aux soins, encore faut-il connaître ce que les médecins nomment les « signes d’appel » des TCA. Ils se déclenchent le plus souvent autour de l’adolescence, et majoritairement chez les jeunes filles.

Repérer… l’anorexie mentale. La Fédération française anorexie boulimie indique qu’une « perte de l’appétit » qui se traduit en fait par une lutte active contre la faim et un évitement de tous « les aliments qui font grossir » fait partie des signes à repérer. Elle est souvent associée à des comportements ayant eux aussi pour but de perdre du poids : vomissements provoqués, sport en excès, utilisation de médicaments, etc. En parallèle, d’autres signes peuvent évoquer l’anorexie mentale : aménorrhée (disparition des règles), souvent de très bons résultats scolaires, désintérêt pour les relations amicales et amoureuses et surinvestissement de la famille. Pour que le diagnostic soit formellement posé, « un amaigrissement de plus de 15% du poids initial et/ou un indice de masse corporelle (poids en kg/taille en m au carré) inférieur à 17,5 » doivent être constatés. L’anorexie mentale touche environ 1% des femmes et 0,3% des hommes.

Repérer… la boulimie. Elle survient plutôt en fin d’adolescence, entre 18 et 20 ans. Elle se caractérise par « l’ingestion d’une grande quantité d’aliments dans un temps assez court, qui s’accompagne d’une perte de contrôle sur la prise alimentaire », qui a le plus souvent lieu en cachette ; un ou plusieurs comportements compensatoires (vomissements provoqués, sport en excès…) sont mis en place pour prévenir la prise de poids ; elle donne lieu à au moins une crise par semaine, et jusqu’à « plusieurs par jour ». « Une fois sur deux, des crises de boulimie émaillent les épisodes anorexiques ; et très souvent, on retrouve dans les antécédents d’une personne qui souffre de boulimie un épisode anorexique qui a pu passer inaperçu ». La boulimie concerne approximativement 1,5% des femmes et 0,5% des hommes.

Repérer… l’hyperphagie boulimique. Moins connue, elle concerne pourtant environ 3% des femmes et 1,5% des hommes. Ce trouble, c’est en fait la boulimie sans comportement compensatoire pour éviter de prendre du poids. Elle débute généralement à partir de 21 ans et s’accompagne souvent de surpoids, voire d’obésité. Plusieurs critères doivent être réunis pour poser formellement le diagnostic d’hyperphagie alimentaire : des crises de boulimie au moins une fois par semaine ; pas de comportement compensatoire ; et des crises qui « surviennent en l’absence d’une sensation physique de faim, se déroulent rapidement jusqu’à une sensation pénible de distension abdominale, et sont suivies de sentiments de dégoût de soi, dépression ou culpabilité ».

Bien souvent, ce sont les parents qui initient la prise en charge car la personne concernée ne se sent pas forcément malade. Celle-ci peut débuter chez le médecin traitant, « qui reste la porte d’entrée principale à cette situation », précise le Dr Rocher. « Après ou de façon conjointe, il y a la possibilité de consulter des diététiciens ou des nutritionnistes, qui sont souvent bien avertis de ces situations-là, et puis des psychologues ou des psychiatres ».

Plus la prise en charge commence tôt, meilleures sont les chances de se libérer des TCA qui « sont clairement des maladies dont on peut guérir ». Selon le Dr Rocher, elles sont « comme une espèce de voie annexe pour gérer des émotions, des préoccupations, des difficultés » qui apparaissent à l’adolescence. « Si elles sont bien accompagnées, c’est un moyen de passer ce cap avec une meilleure évolution que s’il n’y avait pas eu cet appel, cette organisation de soins et cette préoccupation familiale autour de la situation ».

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles