Aux urgences, les soignantes en première ligne

Ava Djamshidi

Notre envoyée spéciale Ava Djamishidi s’est rendue à l’hôpital Etienne-Muller de Mulhouse, dans le Grand Est, une des régions les plus touchées par l’épidémie de Coronavirus.

Il n’y a pas âme qui vive dans les rues de Mulhouse. Dans cette ville du Grand-Est, l’un des principaux foyers de l’épidémie du covid-19, les règles du confinement sont appliquées sans ciller. Les quelques 300 000 habitants de la ville le savent désormais, un couvre-feu a été mis en place, de 21 heureux à 6 heures. Le coronavirus s’incruste dans les poumons, menace les vies et tue, beaucoup. Les incessantes allées-et-venue d’ambulances qui filent à la hâte sur l’asphalte ont transformé le spectre de la contagion en un ultimatum tangible.

En tenue de protection, les passagers des véhicules de secours viennent déposer les malades à l’hôpital Etienne-Muller. Les abords de l’établissement sont calmes, d’un calme inquiétant et grave. Des silhouettes en blouse blanche aspirent avidement des bouffées de cigarettes, comme pour essayer de se détendre. Souvent, le vrombissement d’hélicoptères vient déchirer le silence. Des patients sont transférés dans les hôpitaux de la région qui disposent encore de lits de réanimation. Il y en a 48 dans cet hôpital.

« On travaille à la chaîne », raconte Sandra, une aide-soignante. Le circuit de la prise en charge des patients a été réorganisé à trois reprises pour mieux s’adapter aux contraintes de ce virus, si contagieux, ainsi qu’au volume de cas infectés. A l’intérieur des urgences, ils sont concentrés. Il n’y a pas d’agitation particulière, pas de gestes brusques ni de...

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