Véronique Lafond, fille de Micheline Dax, témoigne sur le charnier Descartes : “Je veux des réponses”

C’est l’histoire d’un endroit prestigieux éclaboussé par une scandale inqualifiable. L’histoire du plus grand laboratoire d’anatomie d’Europe, ouvert dans les années 1950 à Paris et géré par l’Université Paris-Descartes. L’histoire d’un endroit qui abrite des corps pour une intention plus que louable, puisqu’il s’agit de corps donnés à la science et destinés à servir à des étudiants en médecines, des chirurgiens confirmés ou des chercheurs. Mais depuis la publication d’une enquête du magazine L’Express à la fin du mois de novembre 2019, on estime que les dernières volontés altruistes de ces personnes dont la mort aurait dû servir ont été bafouées. Pire encore : que leurs dépouilles n’ont pas été respectées.

Il n’y a qu’à lire les premières phrases de l’article écrit par la journaliste Anne Jouan pour s’en convaincre : “Nus. Démembrés. Les yeux grand ouverts. Amoncelés sur un brancard. Des cadavres par dizaines, au milieu d’un fatras indescriptible. Ici, un bras pend, décomposé. Là, un autre est noirci, troué après avoir été grignoté par les souris. Le membre supérieur de l’un est posé sur le ventre de l’autre. Des sacs-poubelle débordent de morceaux de chair. Au premier plan, une tête gît sur le sol. Ces photos insoutenables révèlent un charnier. En plein Paris. Elles datent pourtant de fin 2016 et ont été prises rue des Saints-Pères (VIe arrondissement), au 5e étage des locaux de la faculté René-Descartes, le temple de la médecine en France.” Ou comment décrire l'indescriptible.

Le corps de Micheline Dax a été envoyé à Paris-Descartes. La comédienne, faite Chevalier de la Légion d’Honneur en 2012, avait exprimé le souhait de donner son corps à la science avant sa mort, le 27 avril 2014, à l’âge de 90 ans. Sa famille a dû se plier à sa volonté, bon gré mal gré. Mais en apprenant les horreurs de l’Université, sa fille, Véronique Lafond, a rejoint un collectif * rassemblant de nombreuses familles de victimes et porté plainte. Une enquête pénale pour “atteinte à l’intégrité

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