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"On va se battre comme des chiens", promet Santiago Arata, le demi de mêlée de l’Uruguay

"On va se battre comme des chiens", promet Santiago Arata, le demi de mêlée de l’Uruguay

Plus jeune il ne connaissait rien au rugby et ne jurait que par le football. Des années plus tard, Santiago Arata (27 ans, 45 sélections), demi de mêlée de l’Uruguay et du Castres Olympique depuis 2020, va jouer face à la France et croiser des joueurs qu’il affronte souvent en Top 14. Avant, il raconte son cheminement, les progrès de l’équipe nationale et le rendez-vous particulier face aux Bleus

Ses débuts au rugby

"Ça n’a pas été facile car j’ai toujours «kiffé» le foot. En Uruguay, c’est le sport numéro un, le plus connu. Mais comme je suis allé dans un lycée privé, c’est un endroit où le rugby se pratiquait. Et un jour, tous mes potes son partis essayer le rugby. Mais moi, ce n’était que le foot dans ma vie! Je commençais même à m’entraîner dans un club professionnel, qui s’appelle Danubio. Mon grand-père a des origines italiennes et c’est que le foot! Je ne connaissais rien au rugby. Je me suis dit, non, ce n’est pas pour moi. Ils se tapaient, il y avait du contact et moi j’étais petit, je n’aimais pas du tout ! Du coup j’ai passé la semaine tout seul, en train de faire du foot avec des personnes que je ne connaissais pas trop… alors je me suis dit: «allez je vais tenter le coup»! Et franchement, j’étais rapide, j’avais de la condition, je n’aimais pas le contact, mais au bout de deux semaines, j’ai aimé ce sport. Et aujourd’hui, je suis là (sourire)!"

Le moment où il s’est dit qu’il allait en faire son métier

"Aujourd’hui, des personnes peuvent arriver en club et rêver d’être pris en équipe nationale. Il y a une ligue semi-pro, qui s’appelle le Super Rugby Americas. Quand je suis arrivé en équipe nationale, ce n’était pas comme ça. Mon seul but était de jouer et d’étudier. Il y avait une grande relation entre le rugby et les universités privées. Celle de Montevideo est l’une des meilleures. Et quand tu es international, il y a des avantages, des promotions, des aides qu’on reçoit. C’est ce qui m’a fait m’interroger ensuite. Quand j’ai joué la Coupe du monde au Japon en 2019, je me suis dit: «je suis arrivé au plus haut niveau possible. Là, j’arrête, je rentre chez moi, je finis mes études, j’ai bien profité mais là c’est fini.» Et c’est à ce moment-là que j’ai reçu le coup de fil du Castres Olympique. Je ne m’y attendais pas du tout! J’ai eu de la chance car je parlais français, j’avais un passeport italien et puis le niveau aussi. J’ai eu de la chance de venir ici, d’y rester et de jouer avec les meilleurs. Mais je suis content de montrer ça aux jeunes en Uruguay."

Mettre le maillot de Los Teros

"C’est énorme. C’est de l’orgueil. De parler du parcours pour jouer la Coupe du monde. Peu sont professionnels dans le groupe. Pour eux, c’est énorme. Enorme. Moi ça fait presque deux ans que je n’ai pas mis le maillot. Ça va me mettre les frissons dans ce stade de Lille. Je le prends comme quelque chose de très particulier pour moi. Face à des mecs qu’on affronte tous les week-ends. J’espère qu’il y aura une surprise."

Les progrès de l’équipe nationale

"Chaque Coupe du monde, c’est mieux. En 2018, avant le Japon, on devait battre le perdant de Canada-Etats Unis. C’était un repêchage. Là, pour France 2023, nous, champions d’Amérique du Sud, on devait battre les champions du Nord (les Etats-Unis). Et on les a écrasés (50-34 sur l’ensemble des deux matchs). On est bien. Et si on veut atteindre un "Tiers 1" ou un objectif de se qualifier pour la prochaine Coupe du monde, il faut gagner deux matchs. Battre la Namibie, battre l’Italie, c’est un gros objectif, mais on l’a en tête. En 2019, on avait l’objectif de se faire connaître. On a réussi en battant les Fidji. En France, on doit maintenant profiter. Qu’est-ce qui nous caractérise? C’est l’envie, se battre dans toutes les situations. Que ce soit contre le Chili, le Brésil ou les meilleurs. TU vas le jouer, le préparer comme si c’était le dernier. La finale du monde. La Namibie, l’Italie, c’est des matchs «à mourir». On va se battre comme des chiens."

Affronter la France

Peut-être que mes coéquipiers n’ont pas trop l’image que j’ai en tête. La plupart des latins, on n’aime pas perdre. Mais, là, je vais jouer contre des personnes que je croise tous les week-ends! je n’ai pas envie qu’on me mette la main dessus quand je suis au sol! Affronter ces mecs, c’est particulier. Je prendrai plaisir d’affronter ces grands joueurs. Mais on a une envie, une énergie, un feu qu’on a dedans et qu’on va sortir ! Je vais les motiver dès six heures du matin. Affûtez vous bien les dents parce que ça va être dur!

Article original publié sur RMC Sport