Valérie Pécresse, l'affranchie ?

Pascale Nivelle

Cinq mois après avoir claqué la porte de LR, la présidente de la région Île-de-France dégourdit son image tradi et le fait savoir. Portrait d'une stratège qui ne cache plus ses ambitions présidentielles.

Ce vendredi 11 octobre, à l'instant de lui remettre la Légion d'honneur, Nicolas Sarkozy semble passer le flambeau à son ancienne ministre. « Tu rêves grand, pour nous, pour notre pays, pour toi. » Valérie Pécresse sourit, rose d'émotion. Dans cette réunion amicale sous de hauts plafonds de la République, son rêve présidentiel n'est un mystère pour personne. Mais on attend l'avis du gourou de la droite. « J'apprécie ton côté bonne élève, absolument obsessionnelle, continue Sarkozy, cela me rassurait quand j'étais président. » Et il ajoute, sur le ton de la fermeté : « Laisse-toi aller à être qui tu es, tu n'as plus besoin de te créer une carapace. Présente-toi telle que tu es, et les Français t'aimeront. » Murmure d'approbation dans l'assistance. Jérôme Pécresse, mari de et polytechnicien, soupire à l'oreille d'une amie : « Cela fait vingt-cinq ans que je le lui répète. » La présidente de la région Île-de-France continue de sourire, avec une moue gentille, tête de bonne élève à l'école Sainte-Marie de Neuilly, marqueur social indélébile.

Sans doute est-ce aussi injuste que de reprocher son accent à une fille du Sud ou ses chaussettes blanches à un gars du 9-3. Mais même en jean et bottes de moto, Valérie Pécresse porte les stigmates des grandes écoles (HEC et Ena) et des sorties de messe à Versailles. Lors de ses deux campagnes pour les élections en Île-de-France, ses adversaires ne se sont pas privés de moquer la...

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