Une victime de viols à répétition dans son enfance assigne l’État pour « faute lourde »

Anaïs Guillon
·2 min de lecture

Karine Jambu avait entre 5 et 7 ans lorsqu’elle a subi les viols d’un ami de ses parents qu’ils hébergeaient. Au moment des faits, l’entourage avait déposé une dizaine de signalements pour sortir la fillette de cet environnement pédocriminel, mais la justice avait classé l’affaire sans suite.

 « Nous avons des questions à nous poser au niveau de nos responsabilités personnelles dans cette affaire », reconnaissait l’avocat général lors du procès du violeur de Karine Jambu en 2018. De 2002 à 2005, la jeune femme, aujourd’hui âgée de 23 ans, a été violée par Roland B., un ami de ses parents déjà condamné pour des actes pédocriminels. Il était hébergé au sein du domicile familial et dormait sur le canapé du salon. À l’époque, l’école, les services sociaux, la tante de la fillette mais également des voisins, ont réalisé plusieurs signalements pour demander la protection de l’enfant. Le conseil départemental d’Ille-et-Vilaine ira même jusqu’à alerter directement le parquet de Rennes, pour demander le placement de Karine Jambu. Une enquête sera ouverte, près de quatre semaines plus tard. La petite fille sera auditionnée une seule fois par les services de gendarmerie. Ses parents, dont la mère avait déjà été condamnée pour avoir tué son premier enfant de 130 coups de couteaux, nieront les allégations. Le dossier sera finalement classé sans suite pour « recherches infructueuses ».  

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Première condamnation quinze ans après les faits

En 2005, lorsque la fille de Roland B. déposera plainte contre son père, la justice ne fera aucun lien avec l’histoire de Karine Jambu. Il faudra attendre 2018 pour que l’agresseur soit enfin condamné à 30 ans de...

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