Procès Fillon : deux ans ferme requis par le parquet contre François Fillon, sa femme, "victime consentante", n'est pas épargnée

C'était une date clé dans le procès Fillon. Mardi 10 mars 2020 avait lieu le réquisitoire du parquet national financier dans l'affaire de "détournement de fonds publics" pour laquelle sont jugés les époux Fillon. Penelope Fillon est accusée d'avoir bénéficié durant 8 ans d'un salaire d'attachée parlementaire pour un poste qu'elle n'aurait peu ou pas occupé aux côtés de son mari. Et on peut dire que les procureurs ne leur ont pas fait de cadeaux. Ils étaient deux à se succéder à la barre pour insister sur la gravité des faits, Aurélien Létocart et Bruno Nataf. Avant tout, les magistrats ont mis l'accent sur les personnalités des accusés et souligné tout particulièrement le "cynisme" et le "profond sentiment d'impunité" de l'ancien Premier ministre "qui a fait de la probité une marque de fabrique". Fabrice Lhomme, Grand reporter au Monde et auteur d'un livre sur le couple Fillon intitulé Apocalypse Now : les années Fillon (éd. Fayard), était l'invité d'Anne-Elisabeth Lemoine dans C à vous, mardi 10 mars 2020, pour débriefer le procès.

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Le journaliste explique que le procureur Létocart a comparé l'emploi de Pénélope Fillon à une "paréidolie", un phénomène psychologique qui consiste en le fait de voir quelque chose là où il n'y a rien, "une forme dans un nuage par exemple". Et "contrairement à ce que l'on pouvait s'attendre" ajoute Anne-Elisabeth Lemoine, l'épouse du député de la Sarthe "n'a pas été épargnée". Le procureur "l'a même qualifiée de victime consentante du système mis en place par François Fillon" dévoile Fabrice Lhomme. "Les procureurs ont rappelé qu'elle était totalement consciente de ce qu'il se passait, poursuit-il, qu'elle avait les moyens de dire non, qu'elle avait les moyens de refuser ces emplois et que donc elle ne pouvait pas être l'objet d'une quelconque indulgence".

Le parquet a requis cinq ans de prison dont deux ferme ainsi que dix ans d'inéligibilité contre

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