“La vie est belle” est-il un film maniaco-dépressif ?

Murielle Joudet
·1 min de lecture
La Vie est belle de Frank Capra (capture d'écran)
La Vie est belle de Frank Capra (capture d'écran)

Loin de se résumer à la surface du mythe, le documentaire explore les zones de frictions, les excès, les complexes et les contradictions du cinéaste. Dans de belles archives, on découvre le Capra des années 1970, vieux bonhomme en habits décontractés qui raconte sa vie, la fabule, tisse le vrai avec le faux – à plein d’égards, il rappelle Cassavetes, dans cette manière de toujours opter pour la légende. C’était déjà le cas de Hollywood Story, son autobiographie publiée en 1971, un magnifique tissu de mensonges qui finissait, en creux, par en dire beaucoup sur le personnage : ne garder que les traits saillants d’une vie quitte à les inventer, capturer son·a spectateur·rice/lecteur·rice en sortant la réalité de ses gonds.

Rien n’est réel chez Capra, tout est coloré par une humeur qui est, au choix, extatique ou complètement désespérée. Et Kourtchine de commenter l’homme à travers son œuvre, appliquant ce que Capra martelait tout au long de sa vie : "un film, un homme". On apprend qu’il a été le premier à mettre son nom au-dessus du titre du film (The name above the title, titre original de ses mémoires) quitte, parfois, à se fâcher avec ses plus proches collaborateurs qui lui reprochaient de s’attribuer leur travail. C’est que l’individualisme était une valeur absolue chez lui, la première fiction à défendre.

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