Violences conjugales : alerte aux suicides forcés

Emilie Poyard

Parmi les propositions faites dans le cadre du Grenelle des violences conjugales, une attire particulièrement l’attention : inscrire le suicide forcé dans la loi. Où quand les violences psychologiques conduisent au pire.

Mélissa avait 23 ans. En 2016, elle a sauté du deuxième étage d'un immeuble, à Chambéry. Ses proches imputent son suicide aux violences psychologiques que lui a fait subir durant des mois son compagnon. Elles seraient ainsi 217 femmes à s'être donné la mort en 2018 à la suite de violences conjugales, selon une estimation de Psytel, la coopérative d'experts indépendants. « 87 % des victimes de violences conjugales déclarent des violences psychologiques*. Isolées, abandonnées, pas entendues, leur seule issue pour sortir de cet enfermement mental est parfois de mettre fin à leurs jours », explique Yael Mellul, coordinatrice juridique au Pôle d'aide aux victimes de violences du Centre Monceau, à Paris. Cette ancienne avocate copilote le groupe de travail sur « les violences psychologiques et l'emprise », qui a, le 29 octobre, présenté douze recommandations. Parmi elles : inscrire le suicide forcé dans la loi. « Le harcèlement moral est déjà condamné et peut coûter à son auteur jusqu'à cinq ans d'emprisonnement. Nous proposons d'ajouter une circonstance aggravante, lorsque le harcèlement aura causé un suicide ou une tentative de suicide. » Le responsable serait alors jugé devant une cour d'assises et pourrait encourir jusqu'à vingt ans de réclusion criminelle. Si les suicides dus au harcèlement moral sont reconnus aujourd'hui dans l'univers du travail, pourront-ils l'être dans la sphère privée ? Premiers éléments de réponse le 25...

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