Violences conjugales : comment soigner les hommes violents ?

Valérie Josselin

Protéger les victimes et punir les agresseurs, c’est fondamental. Mais, pour éviter la récidive et réduire le nombre de féminicides en France, il faut aussi accompagner les hommes violents.

En France, une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint et 219000 femmes subissent chaque année des violences au sein de leur couple (Haute Autorité de santé, 2019). Selon l’agence de statistiques Eurostat, l’Allemagne détient le triste record européen. La France arrive en deuxième, avec 121 féminicides par an en moyenne, bien loin devant la Roumanie, le Royaume-Uni, l’Italie et ou encore l’Espagne, qui fait figure de pionnière en matière de lutte contre les violences commises contre les femmes (47 victimes en 2018 contre 71 en 2003). A l’heure de la mobilisation nationale et du Grenelle des violences conjugales, qui se conclura le 25 novembre, « prendre soin » des agresseurs reste encore mal perçu dans la société française. On pense que leur place est en prison et beaucoup d’associations de victimes considèrent d’un mauvais œil les subventions publiques attribuées à la trentaine de centres réservés aux hommes sur le territoire français. « C’est regrettable, car ce sont les auteurs qui font les victimes, alerte Alain Legrand, psychologue clinicien, psychanalyste et directeur de la Fnacav (Fédération nationale des associations et des centres de prise en charge d’auteurs de violences conjugales et familiales). Protéger les victimes est indispensable, mais cela ne suffit pas. Punir n’évite pas suffisamment la récidive. Il faut s’intéresser aux racines de la violence, traiter les causes, si on veut la juguler. Le comba...Lire la suite sur Femina.fr

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