Violences faites aux femmes: les féministes de Turquie appellent à des rassemblements

·2 min de lecture

En ce 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l'égard des femmes, les principales organisations féministes de Turquie organisent des rassemblements à travers le pays. Elles réclament notamment des mesures concrètes pour empêcher les féminicides. Elles restent mobilisées malgré la répression quasi-systématique des manifestations en Turquie.

Avec notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer

« Dans la rue pour nos droits, pour nos vies et les unes pour les autres. » C’est avec ce slogan que des milliers de femmes sont appelées à manifester à travers la Turquie au risque d’être dispersées par des gaz lacrymogènes ou même arrêtées comme ça arrive régulièrement.

« Rien de ce que nous faisons ne constitue un crime, estime Fidan Ataselim, secrétaire générale de la plateforme « Nous stopperons les féminicides ». Le crime, c’est d’accorder des circonstances atténuantes aux meurtriers de femmes quand ils comparaissent devant la justice. Si le gouvernement est sincère quand il prône une “ tolérance zéro ” face aux violences, qu’il le prouve en cessant d’attaquer les femmes qui luttent. »

► À lire aussi : Turquie: ouverture du procès d'un féminicide emblématique

Fidan Ataselim ne croit pas en ce gouvernement qui envisageait, l’été dernier, de se retirer de la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes. Mais elle est optimiste pour l’avenir du mouvement féministe en Turquie : « Je vois des progrès. Nous sommes dans une période où les mouvements de femmes sont de mieux en mieux organisés et où les femmes ont pris courage. Nous sommes soudées les unes aux autres. Il nous faudra peut-être payer un certain prix, mais je suis sûre que grâce à notre lutte et malgré les attaques que nous subirons encore, de plus en plus de femmes vivront, et vivront libres. »

Selon les chiffres officiels, depuis le début de l’année, 234 femmes ont été tuées par un homme en Turquie, souvent par leur conjoint ou leur ex-conjoint.

► À écouter aussi : Turquie: le #MeeToo des avocates turques