Violences sexuelles : la loi et le silence

Catherine Robin

Si l'actrice Adèle Haenel refuse de porter plainte, c'est pour dénoncer les failles d'un système judiciaire qui condamne la plupart des victimes au renoncement.

Comme des milliers de femmes ayant subi des violences sexuelles, Adèle Haenel a préféré ignorer la voie judiciaire. Sauf que, dans son cas, c'est pour lui opposer un témoignage qui vaut exemple. Dénonçant par cette prise de parole une justice « qui condamne si peu les agresseurs », l'actrice a choisi de lui tourner le dos. « La justice nous ignore, on ignore la justice », a-t-elle confié à la journaliste de Mediapart, Marine Turchi. « C'est un constat que l'on fait depuis de nombreuses années, relève l'avocate Isabelle Steyer, spécialiste des violences conjugales. Une plainte sur dix aboutit à une condamnation. Ce sont des dossiers qui n'intéressent pas l'institution parce qu'ils sont extrêmement délicats et qu'ils demandent énormément d'investigations. » Un problème qui n'a pas échappé à Marlène Schiappa, secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes : « La réticence d'Adèle Haenel est loin d'être un cas isolé. La majorité des faits de violences sexistes et sexuelles n'est pas portée devant les tribunaux. Dans mon livre, 'Où sont les violeurs ?'* sur la culture du viol, j'explique qu'in fine seulement 1 % d'entre eux sont condamnés à une peine de prison. Ce sentiment d'impunité pour les auteurs décourage beaucoup de femmes d'entamer une démarche. »

« Au-delà des difficultés de prise en charge par les institutions il y a aussi des pressions familiales qui expliquent ce non-recours à la justice »,...

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