Vive les familles de filles !

Valérie Robert

Les filles du docteur March ne se rencontrent pas que dans le film* de Greta Gerwig. Dans la réalité, on a aussi croisé les cinq filles du maçon Paul, les trois filles du professeur Antoine et bien d’autres encore. L’occasion de comprendre, avec la psychanalyste jungienne Brigitte Allain-Dupré**, ce qui se cache sous les jupes des familles de filles.

On a beau avoir lu le roman de Louisa May Alcott, vu plusieurs fois ses diverses adaptations au cinéma, on ne résiste pas à regarder la nouvelle version des Quatre Filles du docteur March. Pourquoi ? Sans doute parce que l’on sait que l’on va y retrouver Jo, Meg, Amy et Beth, cette bande de sœurs qui démultiplie comme à l’infini le féminin à la maison. Une plongée dans un inconnu mystérieux pour tous ceux qui ne l’ont pas vécu et dans un bain familier réconfortant pour celles qui y ont goûté. A l’instar de Charlotte, petite dernière, issue d’une fratrie de cinq filles : « C’est le film culte de notre enfance ! J’y reconnais ma propre famille. A ceci près que mon père était maçon. Sinon, chez moi aussi, on adorait Noël et l’on jouait toujours ensemble, sans avoir besoin de copines, car on en avait plein en permanence à la maison. Surtout on inventait beaucoup d’histoires, de pièces de théâtre. »

Une sororité réconfortante

« Il y a dans ces familles de filles un imaginaire très confortable, d’emblée partageable, surtout si le nid a été chaud, convivial, et bénéficie d’une sécurité inconditionnelle, explique Brigitte Allain-Dupré. Mis à part des situations professionnelles douloureuses de domination perverse de certaines sur d’autres, les femmes sont naturellement propulsées dans une sorte d’horizontalité, avec cette sororité qui revêt une dimension érotique qui n’est pas sexuelle. On peut se toucher, s’embrasser. C’est une grande q...Lire la suite sur Femina.fr

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