La voix d’un homme en proie à ses démons dans un premier roman déchirant

Léonard Billot
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© Dimitri Rouchon-Borie/Le Tripode
© Dimitri Rouchon-Borie/Le Tripode

Si je devais taire tout ça à jamais j’aurais l’impression qu’il a volé mon âme pour de bon et bien plus encore mon histoire.” Comme un écho à La Familia Grande de Camille Kouchner et à la vague MeTooInceste que sa publication a provoquée, le reporter Dimitri Rouchon-Borie signe Le Démon de la Colline aux Loups, premier roman sidérant, nourri de dix ans de fréquentation des prétoires, pour dire – sous la forme fictionnelle cette fois-ci – les stigmates de l’indicible et le pouvoir rédempteur de la voix libérée.

Son héros, Duke, purge une peine à perpétuité pour triple meurtre ; acmé sous verrous d’un parcours tourbillon de saccages, d’horreurs et drames. Enfant battu, violé, happé par un “Démon” qui va ronger son âme jusqu’aux flammes de l’enfer, l’homme cherche la lumière dans les mots qui l’extrairont des ténèbres où l’ont précipité les crimes subis, et ceux perpétrés. Quasi mystifié par Les Confessions de Saint Augustin, moinifié sous une robe de bure en haillons, il tape à la machine le récit de sa vie de désastres.

La voix est le piège qui condamne celui qui n’a pas les armes pour la manier, l’instrument qui guide vers la lumière celui qui sait l’apprivoiser

Un flot qui révulse, sidère, bouleverse

“J’espère que vous saurez vous montrer miséricordieux ou quelque chose comme ça parce que j’ai un parlement qui est à moi et pendant tout ce temps ces mots c’était ma façon d’être

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