Le “vote-washing”, ou quand la mode américaine capitalise sur l'élection présidentielle

Alice Pfeiffer
·2 min de lecture
Christian Siriano (Capture d'écran Youtube)
Christian Siriano (Capture d'écran Youtube)

La presse de mode américaine est unanime : le must de cette saison serait, sans ironie aucune, le vote. Comprendre : du merchandising orné de slogans encourageant un passage par les urnes pour l'élection présidentielle du 3 novembre. Cette tendance est même, selon le New York Times, devenue une catégorie de produits à part entière, englobant les créations les plus diverses, de stylistes pointus autant que de marques grand public.

En tête de file, on trouve un t-shirt paré d’un simple “Vote !” chez Gap, Levi’s, Urban Outfitters, J. Crew, Tory Burch, Madewell et un nombre incalculable d’autres griffes. Neiman Marcus décore le sien d’un “Voting is Tres Chic”, tandis que le chausseur Stuart Weitzman dévoile des bottes avec les mots “I am a voter”. Marc Jacobs, lui, imagine un sweat décoré de “Choose Your Future. Vote.” ; l’enseigne Richer Poorer, elle, un jogging labellisé “I Am A Voter”. Un marché en expansion continue, et devenu viral : sous-vêtements, joaillerie, sacs ou encore masques affichant le même thème font l’objet de selfies de célébrités, de mannequins, de designers, et même d'Instagrammeur·ses, pourtant habituellement frileux·ses de toute marque d’engagement politique.

“Ma voix est la mode. Donc à un moment si crucial, c’est mon devoir de passer le mot au sujet du vote, mais de la façon la plus à la mode bien sûr !”, a déclaré à Vogue le créateur Fe Noel au sujet de sa ligne de bandanas comportant ce message : “Vote Baby Vote.” “Je voulais créer quelque chose d’universel qui serait fun, portable, l’accessoire idéal pour s’engager”, a-t-il ajouté. Cynisme poussé à son paroxysme, ou réappropriation d’une culture de l’apparence ?

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