Whisky à gogo

Des années 1950 à aujourd’hui, voici l’histoire du plus rock’n’roll des breuvages. Débarqué dans le pli des tartans des commandos écossais, à la Libération, le « scotch » supplante alors le whiskey irlandais. On le savoure dans les caves de Saint-Germain-des-Prés sous les éclats de trompette de Boris Vian. Mais les GI répliquent en brandissant leur bourbon du Kentucky ou du Tennessee. Le match est lancé. 

C’est d’abord l’histoire d’un film, « Whisky Galore ! » (1949), qui marqua les années 1950, celles du boom du scotch dans les caves de jazz et du be-bop de Saint--Germain-des-Prés. Le scénario était aussi simple qu’une bouteille vide : sur une île des Hébrides (Ecosse) en pénurie de whisky, la population repère un cargo échoué sur les récifs et y découvre une cargaison de flacons du divin nectar ! Basil Radford en capitaine, Joan Greenwood en mutine et sexy Peggy y assuraient un -casting labellisé pur tartan d’époque… Inspiré d’une histoire vraie, le film sortit en France sous le titre de « Whisky à gogo ». Dans son sillage, une flopée de boîtes de nuit, de style rock’n’roll, se répandirent partout où la guitare électrisait les danseurs, teenagers ébouriffés, adeptes du « Bluejean Bop » de Gene Vincent et de « That’s All Right (Mama) » version Elvis.

Le premier Whisky à Gogo est né à Paris, rue de Seine. Il était fréquenté par les marins américains de passage et les GI en permission échappés du QG de l’Otan en banlieue. Sa déclinaison provençale fit les grands soirs de la pinède de Juan-les-Pins. On en baptisa un autre à Cannes... mais c’est à Los Angeles, derrière une façade rouge aimantant le Tout-West Hollywood, que sa vogue marqua le rythme débridé des années 1960. Johnny Rivers s’y produisit sous la cage d’un DJ suspendue au-dessus de la scène. La chanson « Going to a Go-Go » y fut créée, pour le futur bonheur des Rolling Stones. C’est là aussi que se répandit le concept du whisky-Coca.

Le Whisky à Gogo sur Sunset Strip, à Los Angeles, dans les années 1970.

Le Whisky à Gogo sur Sunset Strip, à Los Angeles, dans les(...)
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