Xavier de Moulins : "Le deuil d'un animal est une expérience solitaire, car taboue chez nous"

Femmeactuelle.fr : Comment vous est venue l’idée de ce roman ?Xavier de Moulins : D’une histoire vécue. Je ne voulais pas de chat, je n’aimais pas ça. Ma fille m’a tanné pendant trois ans avant que je ne cède. Finalement, l’arrivée de cet animal dans notre foyer a été une expérience de vie, une expérience domestique, sociale. J’ai pu constater à quel point il capte les karmas, les énergies, les chagrins, car il est arrivé à une période un peu merdique où nous avons traversé pas mal de deuils. Sauf que personne ne s’attendait à ce que que ce petit chat, âgé d’un an et demi seulement, meurt à son tour (des suites d’une maladie cardiaque, ndlr). Le catalyseur de la famille n’était plus là.

A qui s’adresse ce roman ?X.d.M. : Je l'ai avant tout écrit pour mes enfants, mais aussi pour toutes les personnes qui ont perdu un animal. C’est une expérience finalement très solitaire car taboue. Les gens ne mesurent pas forcément le cataclysme intérieur que cela peut déclencher. Il existe pourtant des pays, comme aux Etats-Unis ou en Suisse, où l’on a droit à une journée non travaillée dans ce genre de cas. Chez nous, on ne se sent pas tellement autorisé à ramener cette peine ailleurs que chez soi. J’espère que cette expérience partagée permettra à certains de se sentir moins seuls face à leur souffrance.

La mort est un fil rouge de votre livre. Il débute par celle de votre chat, mais vous êtes ensuite confronté au décès de votre meilleur ami, de votre beau-père, à la maladie de votre belle-mère….X.d.M. : Oui, et à la fois l’idée est de faire de la mort, de la perte, un hymne à la vie. La mort de ce chat est un truchement, il en découle finalement un livre sur l’amitié, sur la vie, sur les liens familiaux. On n’a jamais eu autant besoin, à notre époque, d’amour et de poésie.

Vous savez de quoi vous parlez, vous qui présentez chaque soir aux Français les nouvelles peu réjouissantes du monde…X.d.M. : Oui ! Forcément, quand je prends la plume pour écrire quelque chose, j’ai envie d’en

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