Qui est Yugnat999, le plus célèbre créateur de mèmes français ?

Bruno Deruisseau
·3 min de lecture
@yugnat999
@yugnat999

Celles et ceux qui consultent régulièrement Instagram n'y ont sans doute pas échappé : les mèmes de Yugnat999 (de son prénom à l'envers Tanguy, suivi du nombre de la Bête à l'envers lui aussi, sans que l'intéressé ne revendique un goût pour le satanisme, ouf) sont partagés par de plus en plus d'adeptes de son humour mêlant franglais, commentaires sur l'actualité et sur la mode ou simples regards amusés sur le quotidien des jeunes gens de sa génération.

A 28 ans, ce blond peroxydé né en région parisienne évoque ses débuts : “Mes parents envoyaient à leurs collègues des sortes de Powerpoint humoristiques sous forme de chaînes de mails. C'est la première forme de mème à laquelle j'ai été confronté à l'adolescence. Plus tard, j'ai beaucoup traîné sur des imageboards [sites de partage d'images] comme Reddit, 4chan et plus tard 9gag. A l'époque, tous les consommateurs de mèmes allaient sur des sites anglophones.

En 2016, j'ai lancé sur Facebook un groupe qui s'appelle Neurchi de mèmes. On s'y échangeait des mèmes anglophones, parce qu'il faut savoir que, à l'époque, le mème était uniquement en anglais pour les puristes. La communauté a vite grandi, jusqu'à devenir totalement hors de mon contrôle. Neurchi de mèmes s'est décliné en des centaines de sous-groupes pour tout et n'importe quoi – philosophiques, cathos tradis ou encore bretons.”

Cinquante-sept posts par semaine

Avant d'être le premier mèmeur de France, Tanguy a donc été à l'origine du développement d'une communauté du mème francophone qui est aujourd'hui vaste et protéiforme. Fin 2019, une coupe de France du mème rassemblera même plus de 70 000 membres issu·es des différents groupes Neurchis de mèmes et des compétitions de mèmes plus communautaires seront organisées un peu partout. De son côté, il quitte le groupe en 2017 et se lance dans un projet plus perso sur Instagram, baptisé donc Yugnat999.

Celui qui tient une moyenne de cinquante-sept posts par semaine, soit environ 8 huit posts par jour, affirme ne pas passer tant de temps que cela sur son téléphone portable :

“Faire un mème ne me prend jamais plus de dix minutes entre le moment où j'ai l'idée et le moment où je la poste. Je mets mon image et mon texte sur un compte Twitter privé et je fais une simple capture d'écran. Parfois, j'utilise PicsArt si j'ai une manipulation d'image particulière à faire. Il y a quatre chemins qui amènent chez moi à la création d'un mème : soit une image est liée à une actualité et me donne une idée de mème ; soit une image d'un compte que je suis arrive sur mon feed et m'inspire ; soit je recycle une image qui est déjà un mème ; soit pour finir j'observe quelque chose dans le réel qui déclenche le désir de faire un mème, et là je recherche une image qui illustre mon idée.

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