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Accorder des droits à la nature : pour ou contre ?

Le cadre juridique actuel est insuffisant pour lutter efficacement contre les atteintes environnementales. Il faudrait donner une personnalité juridique à la nature, comme cela a été fait avec les entreprises et les associations, qui sont devenues des personnes morales. Les montagnes, les rivières et les forêts pourraient ainsi être considérées comme des sujets de droit et non plus des objets. Ne pouvant pas se défendre seules, des "gardiens" (associations, élus…) seraient nommés pour les représenter. Cela permettrait de rééquilibrer le rapport de force entre les êtres humains et la nature devant le juge. Le droit est le reflet de l’évolution d'une société et permet de faire évoluer les mentalités : il est donc temps de reconsidérer la place du vivant.

Marine Yzquierdo, avocate et coordinatrice au sein de l’association Notre Affaire à tous.

Accorder une personnalité juridique à la nature n’est pas la solution miracle pour protéger le vivant. La preuve, cette mesure n’est pas toujours efficace dans les pays qui l’ont appliquée. Par exemple, en Colombie, le fleuve Atrato continue à être pollué alors que, depuis six ans, il est considéré comme un sujet de droit. En France et dans le monde, mettre au point les textes de loi prendrait des années, alors que nous n’avons pas de temps à perdre. Il est préférable de faire respecter les nombreuses lois existantes, dont la Charte de l’environnement inscrite dans la Constitution, qui reconnaît des droits et des devoirs à la protection de l’environnement. (...)

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