« Je me battrai jusqu’à mon dernier souffle » : la terrible histoire de Nusrat, 19 ans, tuée pour avoir dénoncé son agresseur

Emilie Poyard
Elle s’appelait Nusrat Jahan Rafi. Le 6 avril dernier, elle a été brûlée vive parce qu’elle refusait de retirer la plainte qu’elle avait déposée contre l’homme qui l’a agressée sexuellement. Cinq jours plus tard, elle est décédée. Au Bangladesh, la colère des femmes gronde.

Elle avait 19 ans. Nusrat Jahan Rafi étudiait dans une école coranique à Feni, au Bangladesh. C’est là qu’elle a rencontré l’homme qui a fait basculer sa vie. Lui n’est autre que le directeur de l’établissement. Il a un jour convoqué la jeune femme dans son bureau et l’a agressée sexuellement. Nusrat Jahan a décidé de ne pas se taire. Après en avoir parlé à sa famille qui la soutient, elle a courageusement porté plainte fin mars. Fait rare au Bangladesh où trop de femmes taisent les violences vécues, par peur des représailles ou de la honte sociale. Le directeur de l’établissement est arrêté, mais déjà des étudiants réclament sa libération. La famille de Nusrat Jahn Rafi s’inquiète. Le 6 avril dernier, l’étudiante se rend dans son école pour passer des examens. Son frère l’accompagne mais on lui interdit de pénétrer à l’intérieur des bâtiments. « Si on ne m'avait pas stoppé, rien ne serait jamais arrivé à ma sœur », confie-t-il à la « BBC ». C’est en effet un scénario machiavélique qui attend Nusrat. Une camarade l’attire sur le toit, en lui faisant croire qu’une élève est en train d’être agressée. Nusrat n’écoute que son cœur et grimpe au dernier étage. Cinq personnes l’entourent alors et l’aspergent de kérosène. Ils la menacent et lui demandent de retirer sa plainte contre le directeur de l’école. Elle refuse. Ses agresseurs mettent le feu à ses vêtements et s’enfuient. Leur...

Lire la suite de l'article sur Elle.fr

A lire aussi