C'est mon histoire : « Je suis tombée amoureuse d'une image »

Violette Rostand

En regardant la télévision, Lucie craque littéralement pour un homme et va faire en sorte de le rencontrer, persuadée qu'ils sont faits l'un pour l'autre.

Je ne regarde jamais la télévision, sauf ce soir-là. Jacques Chirac est mort et je suis avec mon fils de 13 ans. C'est un pan de mon adolescence, d'une époque qui disparaît, et je veux lui montrer. Alors, on se met devant le journal de 20 heures. À l'écran, un homme que je n'ai jamais vu et dont je n'ai jamais entendu parler raconte ses souvenirs de Jacques Chirac.                                            

Émoi, émoi, émoi              

Je suis hypnotisée... L'émotion dans sa voix, l'essoufflement presque imperceptible, les mots retenus et pudiques dont je ressens la sincérité. Et le bleu délavé de ses yeux qui lui donne un regard d'une douceur désarmante. À mille lieues du monde politique tel que je me l'imagine. Instinctivement, je regarde sa main gauche. Pas d'alliance, et cet indice que je perçois comme un présage m'autorise d'un seul coup toutes les divagations. Je tape son nom sur Google et plus je lis, plus je suis touchée, avec cette assurance de le (re)connaître. En un tour de Toile, cet inconnu vient de s'immiscer dans mon esprit et s'ancre solidement dans mon quotidien, jour après jour. Cet émoi qui perdure a forcément un sens ? Je pose la question au Dr G., qui, en psy toujours bien avisé, me répond : « Vous êtes tombée amoureuse d'une image. » Mais au diable le Dr G. et ses réflexions rabat-joie ! Il ne comprend rien à ce trouble qui m'habite, plus fort que la raison et toutes ses théories psychanalytiques.

Heureusement, mon...

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