Continuité pédagogique : les profs sous pression

Valentine Faure

Alors que réouverture des écoles est prévue pour le 12 mai, enquête sur les difficultés de l’enseignement à distance, notamment pour les professeurs des écoles du réseau d’enseignement prioritaire. 

En quelques semaines d’école à la maison s’est imposée une évidence, résumée ainsi par Emmanuel Macron « la situation actuelle creuse des inégalités ». Le concept de « continuité pédagogique » auquel le ministre de l’Éducation Nationale Jean-Michel Blanquer avait appelé a fait long feu. « Nos enfants doivent pouvoir retrouver le chemin des classes », a tranché le Président.

Les professeurs l’avaient appris comme tout le monde lors de sa première allocution, le jeudi 12 mars au soir : il y a une éternité. Douze millions d’élèves privés d’école. Le lendemain, le ministre de l’Éducation Nationale Jean-Michel Blanquer incitait donc à cette « continuité pédagogique », grâce aux outils numériques disponibles pour faire l’école à distance. Sur internet, l’expression avait vite été tournée en dérision. Dans les établissements, « c’était le branle-bas de combat, commence Delphine, professeure de français dans un collège du Réseau d’Éducation Prioritaire (REP) à Drancy. « “Continuité pédagogique”, ça voulait dire “rien ne change”. Mais tout notre travail est basé sur l’interaction, sur réfléchir à comment on fait quand on saisit un regard flou, comment on reformule une question mal comprise… là, c'est complètement unilatéral. » Pour maintenir le dialogue, elle appelle chacun de ses 80 élèves au téléphone, car tous n'ont pas accès à internet. « On dirait que la France vient de...

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