Dans les coulisses du débat sur le port du burkini au Conseil d’Etat

© Mourad ALLILI/SIPA

Longueur des maillots, saleté des shorts, qualité de l'eau, séparatisme et terrorisme... Le port du burkini dans les piscines municipales de Grenoble, autorisé par la ville puis suspendu par la justice, a nourri mardi de larges débats au Conseil d'Etat.

L'affaire commence mi-mai, quand le conseil municipal de Grenoble adopte – à une courte majorité et sur fond de polémique nationale – un nouveau règlement pour les piscines de la ville, ouvrant la porte aux burkinis et à la baignade seins nus pour les femmes et aux maillots anti-UV pour tous. Le ministère de l'Intérieur, via la préfecture de l'Isère, dépose un « déféré laïcité », une procédure issue de la loi contre le « séparatisme » qui permet aux préfets de saisir le juge administratif d'un acte d'une collectivité locale jugé contraire aux principes de laïcité.

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Le tribunal administratif leur donne raison, la ville de Grenoble fait appel et l'affaire arrive mardi devant le Conseil d'Etat. À l'audience, le débat devient très vite technique. On y apprend que les shorts – souvent portés en ville – sont interdits à la piscine à Grenoble depuis 1991, notamment pour leur impact sur la qualité de l'eau. Que les maillots doivent être portés près du corps car l'eau accumulée dans une tenue plus large pourrait compliquer le « remorquage » d'une personne en détresse. Car le maître-nageur a tendance « à nager avec les jambes entre les jambes de la personne qu'on remorque » et qu'il ne faudrait pas qu'un tissu plus large gêne la manœuvre, a-t-on ainsi explicité.

« Adaptation d'une règle »

Jusqu'à la « mi-cuisse...

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