EN IMAGES - Couples mythiques : Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, l’amour en mode majeur

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Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé (Photo by Daniel SIMON/Gamma-Rapho via Getty Images)
Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé (Photo by Daniel SIMON/Gamma-Rapho via Getty Images)

L’un était une icône du monde de la mode. L’autre le mur porteur qui soutenait son inspiration. Durant cinquante ans, Pierre Bergé et Yves Saint Laurent ont vécu une passion rare, de celles qui ne s’éteignent que lorsque la mort survient. Ce 14 novembre, l’homme d’affaires - qui s’est éteint en 2017 - aurait eu 90 ans. Retour sur une histoire d’amour qui avait du style.

Un défilé, un coup de foudre

La rencontre entre Pierre Bergé et Yves Saint Laurent se produit un matin du mois de janvier 1958. “Je me suis rendu à la première collection de ce jeune homme, rembobinera des décennies plus tard son compagnon. Je ne connaissais pas grand-chose à la mode. Pourtant j’ai compris qu’une chose importante venait de se produire”. Il ne le sait pas encore, mais il vient en effet de rencontrer l’homme de sa vie.

(Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)
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L’envol

Brillant, voire visionnaire, Yves Saint Laurent n’est encore qu’un employé de la Maison Dior. À la mort de Christian Dior, il prend les commandes des ateliers, à seulement 21 ans.

Rapidement évincé en raison de son instabilité et de ses absences répétées, le styliste se retrouve sans emploi. Pierre Bergé intervient alors : le jeune homme, de six ans son cadet, le pousse à ouvrir sa propre maison de couture. Laquelle voit le jour en 1961, tout comme un duo de légende.

(Ullstein bild/ullstein bild via Getty Images)
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À chacun ses prérogatives

Le partage des tâches s’effectue naturellement. Le créateur lance son style, où la femme moderne règne en maître, pendant que l’homme d’affaires gère le reste : l’emploi du temps, la presse, les finances, sans oublier de protéger Yves Saint Laurent des mondanités qu’il fuit lui-même. Très vite, Pierre Bergé devient son pilier. Les deux tombent alors amoureux, et posent les fondations d’un véritable empire.

(Getty Images)
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Une décennie dorée

Avant-gardiste, virtuose, Yves Saint Laurent impose son style durant les années 1960. Dans son atelier du 30 bis rue Spontini à Paris, il réinvente le caban et le trench-coat, instaure pour les femmes le premier smoking en 1966, la saharienne et le premier tailleur-pantalon en 1967, ainsi que les premières transparences et la première combinaison-pantalon en 1968. Au cours de cette décennie dorée, les activités du duo se développent. Ainsi dès 1966, les deux faiseurs de tendance fondent-ils Saint Laurent rive gauche, la première boutique de prêt-à-porter portant le nom d’un grand couturier. La légende est en marche.

(NBCUniversal via Getty Images)
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Deux protecteurs des arts

L’amour de la mode n’est pas le seul lien qui unit les deux célébrités. Férus d’art et de beaux objets, ils constituent parallèlement à leurs activités une collection pléthorique. Leur duplex de la rue de Babylone dans le 7e arrondissement, leur château près de Deauville ou encore leur villa de Marrakech, deviennent de véritables musées où sont exposés leurs coups de cœur picturaux et sculpturaux.

(Jean-Luc LUYSSEN/Gamma-Rapho via Getty Images)
(Jean-Luc LUYSSEN/Gamma-Rapho via Getty Images)

Une histoire passionnelle… Et toxique

La gloire et la réussite dissimulent toutefois un tout autre tableau. Loin du crépitement des appareils photos, le couple essuie de terribles tempêtes intimes. Yves Saint Laurent souffre en effet de bipolarité, de dépendance aux médicaments et à la cocaïne, rendant le quotidien de Pierre Bergé invivable.

À telle enseigne qu’un jour de 1976, l’homme d’affaires décide de claquer la porte de leur appartement parisien.

(Daniel SIMON/Gamma-Rapho via Getty Images)
(Daniel SIMON/Gamma-Rapho via Getty Images)

“Je suis parti pour me sauver”

Dans les années 2000, il s’en ouvrira à Paris Match : “Je n'ai pas quitté la rue de Babylone de gaieté de cœur. Je suis parti pour me sauver. Je me voyais impuissant, incapable de sortir de là, et je détestais cela.” Sain, équilibré, Pierre Bergé ne cédera jamais de son côté aux tentations mauvaises : “J'y ai pensé... Je me disais que je pourrais boire, je n'aime pas la drogue. Je déteste perdre le contrôle de moi-même. J'ai préféré m'éloigner pour me protéger.”

(PIERRE VERDY/AFP via Getty Images)
(PIERRE VERDY/AFP via Getty Images)

“Yves ne savait pas vivre…”

“Yves ne savait pas vivre. C’est pour cela que je lui étais indispensable., expliquait Pierre Bergé en 2014 à Paris Match. Du reste, en dépit des orages qui ne manquèrent pas d’obscurcir leur relation, il ne quittera jamais l’amour de sa vie.

Même leurs infidélités respectives ne viendront pas à bout de leur amour : “Oui, il y avait entre nous une attirance chimique, sexuelle, très forte. (...) Bien sûr, on a eu des infidélités sexuelles, beaucoup ! Mais ce sont des propos bourgeois... Ce qui nous soudait était tellement plus important !, avouera-t-il, des décennies plus tard.

(Pool ARNAL/PICOT/Gamma-Rapho via Getty Images)
(Pool ARNAL/PICOT/Gamma-Rapho via Getty Images)

Un rituel immuable

Durant près de quarante ans, le rituel restera inchangé. Le 1er décembre et le 1er juin de chaque année, Saint Laurent s'installera à Marrakech pour dessiner pendant quinze jours sa collection de haute couture, sous le regard bienveillant de Pierre Bergé. Exposition au Metropolitan Museum of Art, défilé au Stade de France lors de la Coupe du Monde 1998, expositions aux quatre coins du monde : le businessman sera de tous les succès et de tous les hommages. Jusqu’à ce que le couturier décide de mettre fin à sa carrière, le 7 janvier 2002.

(JEAN-PIERRE MULLER/AFP via Getty Images)
(JEAN-PIERRE MULLER/AFP via Getty Images)

De l’empire à la fondation

Cette même année, après avoir été célébrée en grande pompe au centre Pompidou, l’œuvre du créateur est réunie au sein de la fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent. 5000 vêtements haute-couture, 150 000 accessoires et dessins témoignent alors de plus de quarante années mises au service d’une certaine idée du style.

(Bertrand Rindoff Petroff/Getty Images)
(Bertrand Rindoff Petroff/Getty Images)

Jusqu’à la mort

Seule la mort finira par séparer le couple. Le 1er juin 2008, Yves Saint Laurent est emporté par une tumeur, à l'âge de 71 ans. Moins d’un an après sa mort, en février 2009, Pierre Bergé met en vente leur immense collection d’œuvres d’art. Plus de 370 millions d’euros sont récoltés à cette occasion, et directement injectés dans la fondation des deux stars et affectée à la recherche contre le Sida.

(ERIC FEFERBERG/AFP via Getty Images)
(ERIC FEFERBERG/AFP via Getty Images)

Dernier hommage

Jusqu’à sa mort, survenue en septembre 2017, le protecteur de l’ombre que fut Pierre Bergé continua à faire vivre l’œuvre et la mémoire de l’homme de sa vie. Dans son livre, Lettres à Yves, paru deux ans après la mort du créateur, il lui rendit un dernier hommage : “Tu aurais pu te couler dans la mode mais tu n’y as jamais songé, fidèle au style qui fut le tien. Tu as eu bien raison, puisque ce style est celui que l’on retrouve partout.” Une trace indélébile qui fut aussi la sienne.

(Ron Galella/Ron Galella Collection via Getty Images)
(Ron Galella/Ron Galella Collection via Getty Images)