"Chérie, tu peux faire la vaisselle ?" La charge mentale est devenue l’une des causes principales de l’infidélité des femmes

Katia Rimbert
Journaliste
"Chérie, tu peux faire la vaisselle ?" La charge mentale est devenue l’une des causes principales de l’infidélité des femmes

Tromper son mec, c’est pas cool. Quand celui-ci n’est ni consentant ni au courant, j’entends. Mais les incartades des femmes seraient de plus en plus dues à la charge mentale qu’elles subissent, selon une récente étude. Ce (lourd) poids invisible que toute personne ayant un vagin porte sur ses épaules, de façon plus ou moins supportable, brise des couples.

On le savait peut-être déjà sans trop se l’avouer. La charge mentale peut faire des ravages. Vous en avez forcément entendu parler. Si ce n’est pas le cas, sachez que c’est grâce à Madame Monique Haicault qu’on a mis un nom sur cette idée en 1984. Et il faudra attendre 2020 pour que ce mot entre dans le dictionnaire. Et donc c’est quoi me direz-vous ?

C’est le fait de devoir penser à plusieurs choses qui se trouvent dans des lieux différents et qui appartiennent à des domaines tout aussi opposés. Vous demander ce que vous allez faire à manger ce soir en pleine réunion au bureau, se dire que vous avez oublié de faire une machine pendant que vous matez une série, s’inquiéter pour votre enfant alors que vous êtes en soirée avec des amis… Vous avez compris le principe.

Si cela ne s’applique pas qu’aux femmes, ces dernières y sont généralement beaucoup plus sujettes dans notre société patriarcale. Parce que ce sont celles qui s’occupent de la préparation des repas, de la lessive, du ménage, du repassage, des enfants… QUE DU FUN. Enfin, en tout cas qui s’en occupent plus que leur partenaire dans la majorité des foyers. C’est malheureux mais c’est la triste vérité.

Je ne suis pas ta mère !

Mesdemoiselles, mesdames, vous savez mieux que personne que toutes ces petites choses auxquelles il faut penser ou qu’il faut faire au quotidien ne reposent QUE sur vous. À force, c’est épuisant nerveusement. Ça crée un mal-être qui n’est pas toujours conscient ou exprimé, provoque des disputes avec votre copain et génère des tensions perpétuelles pour des futilités qui sont en vérité bien plus profondes que "Tu as ENCORE oublié d’étendre le linge". Tout ça dans un océan de non-dits et de *Je prends sur moi*. Sauf que quand la cocotte-minute explose, ça fait mal.

Une étude menée par l’Institut de sondage Ifop pour le site de rencontres extra-conjugales Gleeden a prouvé que cela pouvait mener à l’infidélité féminine et que c’était même l’un des facteurs principaux de la tromperie chez la gent féminine. Un panel de 5 026 femmes majeures a été interrogé sur ses motivations à tromper son chéri. Et ce à l’échelle européenne puisque les participantes habitent en France, en Espagne, en Allemagne ou au Royaume-Uni.

Une femme sur trois a été infidèle en 2019

Résultat, 37% des Françaises avouent avoir déjà eu un rapport sexuel avec une autre personne que leur moitié. Elles étaient 32% en 2014 contre 10% en 1970. Elles sont donc plus nombreuses à aller voir ailleurs, ça ok. Mais ce qui est intéressant, c’est de savoir pourquoi elles prennent un amant.

Parmi les causes les plus citées, on retrouve l’insatisfaction sexuelle (24%) et sentimentale (21%). Logique hein, si on n’est pas pleinement aimée, satisfaite au lit et épanouie, on comprend qu’on aille voir ailleurs. Mais la charge mentale serait aussi en très bonne position. Les femmes qui ne sont pas du tout ou presque pas aidées – entre autres – dans les tâches ménagères par leur conjoint seraient trois fois plus susceptibles d’être infidèles que les autres.

Messieurs, le message est clair non ? Si vous tenez vraiment à votre nana, faites la vaisselle et passez l’aspirateur de temps en temps. Ce n’est pas grand-chose et ça peut vous éviter une séparation ou un divorce. Allez, au boulot !