Vous trouvez Facebook stressant ? Paradoxalement, vous avez plus de chances d'y être accro

Katia Rimbert
Journaliste
Vous trouvez Facebook stressant ? Paradoxalement, vous avez plus de chances d'y être accro

Une récente étude a révélé que les utilisateurs de Facebook qui jugent le réseau social stressant passent en réalité plus de temps dessus. Et qu'ils sont donc, par conséquence, plus enclins à être addicts au site. Oui, c'est complètement paradoxal.

Dépassé pour certains, vital pour les autres, décrié par beaucoup et souvent au coeur de la polémique (notamment concernant l'exploitation des données personnelles de ses utilisateurs), Facebook ne fait pas l'unanimité. Pourtant, beaucoup d'entre nous s’en servent tous les jours et y passent parfois des heures et des heures à scroller (on vous voit !).

Une nouvelle étude s'est justement intéressée au comportement des abonnés et au stress généré par le réseau social. Figurez-vous que ceux qui sont le plus angoissés en ouvrant la plateforme ont plus de chances que les autres d’y devenir complètement accro. Dit comme ça, ça a l'air complètement WTF. Et pourtant, les résultats sont là.

Le serpent qui se mord la queue

Les chercheurs de l'Université anglaise de Lancaster, de l'Université de Bamberg et de l'Université Friedrich-Alexander Erlangen-Nürnberg (Allemagne) ont mené leur petite enquête sur 444 utilisateurs de Facebook, publiée dans la revue The Information Systems Journal. Ils se sont concentrés sur les différentes formes de stress générées à cause des réseaux sociaux. Et il y en a un paquet : l'impression qu’ils empiètent sur sa vie perso ou qu’on y est sursollicité, recevoir trop d'informations en même temps, être perturbé par ses mises à jour fréquentes qui changent tout notre feed... TMTC.

Pour ce faire, les scientifiques ont étudié les deux façons dont les utilisateurs réagissent aux angoisses engendrées par Facebook : essayer de faire une détox ou passer encore plus de temps que d'habitude sur l’appli. Résultat, la deuxième option est davantage choisie par les personnes qui se sentent stressées sur l’app.

Besoin de sa dose

"Bien que cela puisse sembler contre-intuitif, les utilisateurs de médias sociaux continuent d'utiliser les mêmes plates-formes qui leur causent du stress plutôt que de s'en détourner, créant un flou entre le stress causé et l'utilisation compulsive", explique le co-auteur de l’étude, Monideepa Tarafdar. Et là, on entre dans un cercle vicieux. Parce que forcément, le risque de dépendance est décuplé.

Et surtout, plus les abonnés sont stressés sur la plateforme, plus ils vont y faire une multitude d'activités différentes afin de se divertir et compenser leur anxiété. Chatter avec des potes, tenter de battre son record à un jeu un peu débile, regarder les infos, raconter sa vie sur son profil, commenter les photos de son crush... Autant d’actions qui n’ont rien à voir et qui ne nous donnent pas l’impression d’avoir perdu 3 heures de notre vie. Ils sont forts quand même.