Google met fin à Revolv provoquant une certaine inquiétude à propos de l'Internet des Objets

La division Nest de Google propose une nouvelle fonctionnalité pour son hub de maison intelligente Revolv : une date d'expiration.

Ceux qui possèdent un Hub Revolv ne s'attendaient probablement pas à ce type de mise à jour lorsque Nest a acheté l'entreprise Boulder, Colo., qui crée le gadget de $300 (environ 260 €) en octobre 2014. Mais le 15 mai, ce gadget, qui contrôle à distance les appareils de votre maison, sera définitivement mis hors-ligne.

Un communiqué sur la page d'accueil de Revolv explique que l'entreprise souhaite concentrer ses efforts pour aider d'autres appareils à fonctionner avec des gadgets Nest (comme le thermostat intelligent éponyme). Malheureusement, les cofondateurs de l'entreprise Tim Enwall et Mike Soucie précisent : « cela signifie que nous ne pouvons plus octroyer de ressources à Revolv et nous devons mettre fin à ce service ».

Ainsi, « à partir du 15 mai 2016, votre hub Revolv et vos applis ne marcheront plus ».

Des appareils déconnectés = des propriétaires désemparés

Une triste fin pour le hub qui a obtenu une note de 3.5/5 sur PCMag.com. C'est également une tâche sur toute cette idée d’ « Internet des objets ».

Vos thermostats et vos interrupteurs vieux et ringards ne savent peut-être pas trop quoi faire lorsque vous partez ou rentrez à la maison mais ils ont le mérite de ne pas dépendre d'une entreprise à distance pour fonctionner.

Arlo Gilbert, le propriétaire de Revolv, s'est attaqué à Nest et son entreprise associée dans un article de blog publié dimanche, qui a rapidement fini sur de nombreux autres sites.

« Mon éclairage paysager va arrêter de s'allumer et de s'éteindre, mon éclairage de sécurité va cesser de réagir aux mouvements et mon système de dissuasion des voleurs maison ne fonctionnera plus », a-t-il écrit. « Google rend volontairement mes appareils obsolètes ».

Ça n'est pas comme si on ne l'avait pas vu venir : Google a arrêté de vendre le hub Revolv à l'achat de l'entreprise, expliquant que les experts de l'entreprise travailleraient sur leur système de maison intelligente « Works with Nest ».

Mais désactiver un produit un an et demi après sa mise en vente reste quand même difficile à digérer. Certaines personnes se plaignent à juste titre du manque de mises à jour sur les Android, mais ces téléphones qui ne sont pas sûrs et mis à jour permettent au moins de passer des coups de fil, d'aller sur internet et d'ouvrir des applis.

Nest affirme ne pas tourner le dos aux clients de Revolv, sans vraiment préciser ce qu'ils prévoient de faire.

Le porte-parole Matt Flegal a ainsi expliqué dans un e-mail : « nous continuons de travailler avec des clients individuellement afin de répondre à leurs questions en offrant une compensation pour leur produit Revolv. Ils peuvent contacter le soutien à la clientèle à l'adresse suivante : help@revolv.com ».

Petit message à la direction de Nest : les clients Revolv vont discuter de ce que vous leur offrez, alors autant rendre les détails de cette compensation publique.

Un coup dur pour l'« Internet des Objets »

Il y a quelques mois, j'ai qualifié un réfrigérateur intelligent connecté sur Internet de mauvais investissement car personne ne pourrait compter sur ce réfrigérateur Samsung au niveau des mises à jour logicielles et des services en ligne pendant les 15 prochaines années, un risque important vu le nombre de plaintes à propos des appareils intelligents qui sont bloqués ou hackés.

Cette inquiétude semble aujourd'hui presque tatillonne quand on pense à un appareil « Internet des objets » qui disparait moins de deux ans après sa mise en vente. On voulait des gadgets intelligents pour la maison et on récupère des gadgets qui s'autodétruisent.

L'industrie de l'« Internet des Objets » a besoin de trouver un moyen de prévoir dès le début pendant combien de temps les mises à jour seront fournies et surtout tenir leurs promesses.

Un rapport de janvier 2015 de la Federal Trade Commission expliquait ainsi : « révéler la durée pendant laquelle les entreprises prévoient de fournir des mises à jour logicielles pour chaque gamme de produits permettra aux clients de mieux cerner les « dates d'expiration » concrètes de leurs appareils connectés à internet ».

Mais lorsque de nombreux vendeurs « Internet des Objets » sont de nouvelles entreprises qui subissent les mêmes risques de capacité de survie que les autres startups dans le domaine de la technologie, on peut douter de leur capacité à offrir un service continu comme Microsoft, qui continue par exemple de gérer les problèmes liés à Windows XP depuis une douzaine d'années.

Et ça n'aide pas non plus quand ceux d'entre nous qui travaillent dans les médias ne pointent pas du doigt les entreprises de maisons intelligentes qui abandonnent leurs clients.

Pour preuve : l'abandon de Revolv par Nest, annoncé par Nest en février, qui a été ignoré jusqu'à ce qu’ A. Gilbert prenne le temps de publier son coup de gueule.

Envoyez un email à Rob (en anglais) sur rob@robpegoraro.com; suivez-le sur Twitter sur@robpegoraro.

Rob Pegoraro
Rédacteur