Jean Paul Gaultier sonne-t-il le glas de la Haute Couture ?

On s'en doutait. Pour ceux qui ont vu sa comédie musicale aux Folies Bergère "The Fashion Freak Show" qui a triomphé pendant six mois à Paris en 2018, il était clair que Jean-Paul Gaultier, créateur protéiforme, avait d'autres choses à nous montrer que des défilés de mode. 

Jean-Paul Gaultier avait arrêté le prêt à porter en 2015, squeezé par un tempo infernal. C'est simple, à lui seul, il concevait et gérait une quinzaine de collections par an. Et se plaignait de ne plus avoir le temps de trouver des idées, plus le temps de se renouveler, bref, de réfléchir. Le marketing a pris le pas sur la création, on le sait, il faut vendre toujours plus, ça n'est jamais assez; et... aux créateurs de s'adapter, l'oeil rivé sur les pièces, les tendances qui ont "bien marché". Et si ces nouvelles règles rentabilistes ne leur conviennent pas, à eux d'en tirer les conséquences, comme Raf Simons, par exemple qui, au bout de trois ans seulement, quittait la direction artistique de Dior. Il a eu raison. Comment rendre précieux un label si prestigieux s'il faut en bombarder la clientèle à jets continus ?

Gaultier a un flair infaillible

Rossy de Palma défile en 2014 pour Jean-Paul Gaultier

Rossy de Palma défile en 2014 pour Jean-Paul Gaultier © REUTERS/Gonzalo Fuentes

Jean-Paul Gaultier l'a très bien compris. Cet homme brillant, très lucide sur son époque depuis qu'il a commencé à travailler avait déjà flairé pas mal de transformations. Les nouvelles beautés, - celles des "gueules", des séniors, des "caractères", de Rossy de Palma à Beth Dito -, la fin des conventions sexuées - avec les hommes en jupe, le maquillage pour messieurs -. Sa profusion(...)


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