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Jérémy Ferrari évoque sa tentative de suicide : "On ne peut pas sauver quelqu'un qui ne le veut pas"

Jérémy Ferrari évoque sa tentative de suicide :
Jérémy Ferrari évoque sa tentative de suicide : "On ne peut pas sauver quelqu'un qui ne le veut pas". © Houlala Production

Parler de suicide dans le cadre d'un spectacle humoristique ? Il fallait oser, Jérémy Ferrari l'a fait. Dans "Anesthésie générale", son nouveau one-man-show, l'humoriste évoque sans tabou sa tentative de suicide, son alcoolisme, ses addictions et ses troubles mentaux. Invité ce mardi 20 décembre 2022 dans l'émission "Le Big Show de Noël" sur France 2, il fait preuve d'une honnêteté rafraîchissante et sincère qui permet d'ouvrir la conversation sur la santé mentale.

À 37 ans, Jérémy Ferrari est aujourd'hui considéré comme l'une des figures de l'humour en France, mais dans un genre très différent de celui de ses camarades. Cash, parfois sombre et un peu agressif, l'artiste dit les choses comme il les pense, sans enrobage inutile. Pas question pour lui de faire de l'humour édulcoré : ce qui lui plaît, c'est aborder des sujets de société, des sujets importants, qui le touchent d'autant plus qu'il souffre lui même de troubles mentaux. Et qu'il refuse de s'en cacher.

Vidéo. "Je serai dépendant toute ma vie" : Jérémy Ferrari se confie sur son addiction

Un humoriste sans filtre

Le 29 mai 2022, dans un portrait diffusé dans l'émission "Sept à Huit", Jérémy Ferrari faisait des révélations bouleversantes sur sa tentative de suicide faite en plein milieu d'une précédente tournée : "Ce jour-là, comme depuis plusieurs semaines, je bois du matin au soir des doses extrêmement fortes. Je suis au sommet de mes problèmes d’alcool et je perds complètement la notion de réalité, donc je me mets au bord de la fenêtre. Je suis très haut, suffisamment si je veux en finir, au dernier étage de l’hôtel. Je suis là assis et je m’imagine sauter. Je veux voir ce que ça me fait, si je sens un apaisement, car je n’en ai plus dans ma vie. L’alcool ne m’apaise plus, les médicaments non plus. Les psychiatres ne peuvent rien pour moi, donc je ne vois plus rien."

Dans les colonnes du dernier numéro de Cosmopolitan, il confie avoir eu du mal à comprendre qu'il avait vraiment des troubles mentaux : "À l'adolescence, avec les fêtes des copains, j'ai commencé à boire, et tout de suite, beaucoup plus que les autres. J'avais beaucoup de troubles dans ma tête qui me perturbaient, et je n'arrivais pas à expliquer. Lorsque j'ai eu du succès, à 25 ans, je jouais devant des salles immenses, et j'ai pensé que cette reconnaissance allait calmer le jeu." Malheureusement, le résultat n'a pas été celui qu'il espérait : "Au contraire, c'est là que j'ai commencé à chuter." Il tombe dans l'alcoolisme, et la dépression qui l'entraînent sur le rebord de cette fenêtre, depuis lequel il n'a finalement pas sauté.

Des confidences sans concession sur sa consommation d'alcool

Interrogé à ce sujet par l'humoriste Rosa Bursztein dans son podcast "Les mecs que je veux ken", il évoquait récemment son alcoolisme sans le moindre tabou. "Je buvais beaucoup de rosé, et puis en soirée des alcools forts. Et puis, pendant les périodes vraiment compliquées, j'attaquais les alcools forts dès le matin. Je mettais du whisky dans mon café, ça me mettait une dose très rapide d'alcool", raconte-t-il. "Au moment où je fais ma tentative de suicide, je bois du matin au soir, je ne dors plus. Je ne fais que boire, donc au bout d'un moment, je finis par être bourré, mais il m'en fallait vraiment beaucoup pour arriver dans un état où ça se voyait de l'extérieur."

Ses proches ont pourtant vu les signaux, et ont tenté de l'aider, sans grand succès : "Tout le monde essaye. J'ai la chance d'avoir un entourage formidable qui a toujours été là pour essayer de comprendre sans juger, sans culpabiliser. Mais on ne peut pas sauver quelqu'un s'il ne veut pas. Il n'y a personne qui peut s'en sortir pour toi. C'est une décision personnelle. Ce n'est pas facile, c'est pas simple. Il va falloir faire des concessions, des sacrifices."

Il refuse cette image d'artiste maudit

Jérémy Ferrari en a bien conscience : de nombreux artistes jouent sur cette étiquette du "poète maudit", qui a besoin de substances illicites pour créer son art. Pour lui, ce n'est qu'une excuse pour ne pas avoir à faire de travail sur soi-même, et il refuse de tomber dans cette catégorie : "Ça m'agace un petit peu le côté "artiste maudit", je me suis dit qu'il fallait que je me reprenne. Je me trouvais pathétique avec ce côté "Je fais des Zéniths, mais je bois et je suis malheureux", et les gens se disent "Oui mais en même temps, il a tellement de talent, c'est normal qu'il souffre et qu'on ne comprenne pas..." Tout ça m'agace."

Il l'affirme : "Il faut arrêter de chouiner. Je me suis dit : "Je vais me battre." J'ai des problèmes d'alcool, des troubles mentaux, je vais me battre pour les comprendre et me sortir de là." Le tout en ayant conscience d'avoir des avantages que tous les dépressifs, les personnes à la santé mentale défaillante ou les addicts n'ont pas : "Quand on est artiste, on a la chance de pouvoir bien gagner notre vie, de pouvoir vivre de notre passion, c'est des grosses cartes dans un jeu". Des cartes que tout le monde n'a pas, selon lui, et qui lui ont permis de prendre une décision : "Est-ce que je décide de tout détruire, de faire de la merde alors que j'ai plein de choses pour moi ? Ou est-ce que je me bagarre ?" Je ne voulais pas devenir cet artiste bourré sur un plateau."

Aujourd'hui, il a repris sa vie en main, et ainsi qu'il l'explique à Cosmo, il veut faire passer un message positif au grand public : "J'ai envie de libérer la parole sur la santé mentale. Et de dire aux gens : "N'ayez pas honte, ce n'est pas de votre faute si vous êtes malades, et vous pouvez guérir"." Il en est la preuve.

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