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L'édito de ELLE : à lire vrai

L'édito de la semaine.

« Le plaisir d'incendier ! Quel plaisir extraordinaire c'était de voir les choses se faire dévorer, de les voir noircir et se transformer. » Ainsi commence « Fahrenheit 451 », dystopie de Ray Bradbury parue en 1953, devenue réalité aujourd'hui, qui l'eût cru ? Ces « choses » sont des livres, ces livres sont en danger, menacés d'être jetés, mutilés, dénaturés. En 2022, les États-Unis ont vu exploser le nombre de demandes de censure dans les bibliothèques et les écoles. Sous prétexte de protéger les jeunes, des parents, des associations et des représentants politiques ont réclamé le retrait pur et simple de livres jugés « dangereux », parmi lesquels des titres de Toni Morrison, Art Spiegel-man ou Mark Twain.

Une liberté menacée              

Parallèlement, une vague de réécriture explose en Grande-Bretagne, visant à supprimer de certains ouvrages les « passages offensants » sur le physique, la santé mentale ou l'origine des personnages. Après celles de Roald Dahl, sont expurgées les œuvres d'Agatha Christie, et bientôt celles du créateur de James Bond, Ian Fleming. Oui, certaines phrases de Roald Dahl sont grossophobes, oui certains propos d'Agatha Christie sont antisémites. Mais les supprimer, c'est faire bien d'honneur à leurs auteurs – exemptés ainsi de leurs péchés – et bien d'offenses à leurs lecteurs –, incapables d'exercer leur esprit critique. Plutôt que d'enlever, ne faudrait-il pas ajouter – des notes en...

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