L'édito de ELLE : « Ligne de clivage »

©Philippe Jarrigeon

L'édito de la semaine.

Emberlificotage post #MeToo aux César : le 24 février prochain, les hommes soupçonnés de violences sexuelles ou sexistes pourront être nommés, et même récompensés, mais seront interdits de cérémonie. Ce compromis foireux décidé par l’académie du septième art raconte en creux la gêne aux entournures, l’absence de consensus. Est-il juste d’écarter d’emblée les hommes soupçonnés de violences, avant même qu’ils soient condamnés ou non par la justice ? A contrario, est-il juste de mettre en lumière et de célébrer un artiste par ailleurs visé par une ou plusieurs accusations ou plaintes ? Cinq ans après #MeToo, cette question se pose chaque semaine, ou presque, dans l’actualité, et n’en finit pas de cliver bien au-delà du milieu du cinéma. Elle est alimentée par la lenteur d’un processus judiciaire largement perfectible. Mais les défenseurs de la présomption d’innocence, principe de base du droit français, sont-ils pour autant condamnés à s’opposer à ceux qui lui préfèrent le « respect pour les victimes » (selon le communiqué des César) en attendant que la justice se prononce ?

Un débat de société

L’enquête menée par Alice Augustin et Florence Trédez interroge des jeunes qui se lancent dans le cinéma et le théâtre, bien décidés à ne plus jamais se taire sur les abus dont ils pourraient être victimes ou témoins. Elle met aussi au jour un vrai clivage générationnel, comme si cette jeunesse,...

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