Le “ghosting” débarque dans le monde professionnel au grand dam des employeurs

L’expression “ghosting” qui était jusqu’à maintenant exclusivement réservée aux relations amoureuses débarque au boulot [Photo: Getty]

Vous avez sûrement déjà entendu l’expression “ghosting” si vous avez Tinder sur votre portable ou un profil sur un site de rencontres sur internet.

Vous n’avez peut-être jamais été victime de cette pratique, mais cette tendance impitoyable vient de débarquer dans le monde du travail, d’après un rédacteur LinkedIn.

Selon Google, le “ghosting” consiste à “mettre fin à une relation personnelle en arrêtant toute communication soudainement et sans explication”.

Le ghosting, jusque-là réservé au monde des rencontres, serait de plus en plus présent dans le monde du travail, d’après Chip Cutter, rédacteur en chef de LinkedIn.

“Les candidats acceptent des interviews professionnelles, mais ne se présentent jamais au rendez-vous et arrêtent de répondre… Certains acceptent des jobs et arrivent le premier jour, sans donner de raison, bien sûr”, confie C. Cutter.

“Certains employés s’en vont sans jamais revenir au lieu de démissionner de manière officielle suite à une conversation potentiellement gênante avec un manager. Les patrons ne réalisent que leurs employés sont partis pour de bon qu’à la suite de plusieurs tentatives de contact infructueuses. Et c’est reparti avec le processus d’embauche”.

Les candidats ne décident pas de ‘ghoster’ les employeurs et les recruteurs pour leur causer du stress, mais plutôt pour tenter d’éviter une confrontation gênante lorsqu’elles souhaitent quitter leur travail ou refuser une offre.

D’après LinkedIn, le chômage n’a jamais été aussi bas en 18 ans (au Royaume-Uni), prouvant ainsi la théorie selon laquelle les candidats ne sont pas malintentionnés lorsqu’ils coupent les ponts, mais plutôt qu’ils ignorent comment aborder des conversations délicates au travail.

“Les professionnels qui ont été employés il y a une décennie, en pleine Grande Récession, n’ont jamais vu un marché du travail aussi fort”, confie C. Cutter. “Il y a plus de jobs disponibles que de travailleurs sans emploi pour la première fois depuis que le Labor Dept. a commencé à tenir des registres en 2000. Le taux de professionnels qui quittent leur emploi à atteint un niveau record en mars ; près de deux tiers des personnes qui ont quitté leur entreprise sont partis volontairement. Les professionnels sont confrontés à une tâche rarement pratiquée lorsqu’ils se retrouvent face à plusieurs opportunités : refuser un job”.

Les recruteurs ont décidé d’adopter la méthode des compagnies aériennes qui consiste à “vendre plus de tickets que de sièges” à cause de cette nouvelle tendance. Cela leur permet de ne pas avoir à courir après un seul candidat qui a peut-être décidé de ne plus leur répondre.

Chip Cutter recommande également aux entreprises de garder contact avec les candidats potentiels et de les prévenir s’ils n’ont pas été retenus. En effet, la communication doit aller dans les deux sens.

Krista Thurrott