Les consommateurs d’édulcorants artificiels « sont plus gros que les consommateurs de sucre »

Les édulcorants artificiels font l’objet d’une controverse depuis longtemps. [Photo: Getty]

De nombreuses personnes qui font attention à leur tour de taille optent pour des alternatives au sucre à faible teneur en calories, comme Splenda et Sweet 'n' Low, dans l'espoir de rester mince.

Mais, une étude menée auprès de 5 000 personnes par l'université d'Australie-Méridionale (UniSA) suggère que les consommateurs d’édulcorants artificiels seraient plus gros que les consommateurs de sucre.

Les scientifiques se demandent si les substituts de sucre comme l'aspartame controversé pourraient transformer les bactéries intestinales et ainsi provoquer une prise de poids.

Les édulcorants pourraient également faire croire aux consommateurs qu'ils évitent de consommer des calories, leur donnant ainsi la « permission » de se faire plaisir en mangeant d’autres friandises sucrées.

L'aspartame fait les gros titres depuis qu’il a été autorisé aux États-Unis en 1981.

L'Autorité européenne de sécurité des aliments a jugé sa consommation chez l’humain sûre en 2013, mais des études réalisées sur les animaux l’ont associé à de nombreux maux, notamment la dépression, les convulsions, la maladie d'Alzheimer et le cancer.

Les partisans soutiennent qu'il donne le même goût sucré en quantités bien plus faibles que le sucre, empêchant ainsi de trop manger et donc de prendre du poids.

La consommation d'édulcorants artificiels a augmenté de 200 % chez les enfants et de 54 % chez les adultes au cours des 20 dernières années, d’après les scientifiques de l'UniSA.

Pour en savoir plus sur ses effets, l'équipe s'est penchée sur les habitudes alimentaires et la santé de milliers d'adultes sur une période de 7 ans.

Les résultats, publiés dans la revue Current Atherosclerosis Reports, suggèrent que les consommateurs d’édulcorants artificiels pesaient plus lourd que les participants qui n’en consommaient jamais.

« Les consommateurs d'édulcorants artificiels ne réduisent pas leur consommation générale de sucre », a déclaré l'auteur principal, le professeur Peter Clifton.

« Ils consomment à la fois du sucre et des édulcorants faibles en calories, et peuvent psychologiquement avoir l'impression de pouvoir consommer leurs aliments préférés ».

« Les édulcorants artificiels ont également un impact sur les bactéries intestinales, ce qui est susceptible de stimuler une prise de poids et le risque de diabète de type 2 ».

D’après les scientifiques, 13 études se sont penchées sur le lien entre les édulcorants artificiels et le diabète de type 2.

Les résultats n’ont montré aucun lien ou suggèrent que les substituts peuvent déclencher la maladie.

Une étude a même révélé que remplacer les boissons sucrées de manière artificielle par des boissons sucrées ou des jus réduisait le risque de diabète de type 2 jusqu'à 7 %.

« Au lieu de consommer des édulcorants faibles en calories, il est préférable de s'en tenir à une alimentation saine qui comprend beaucoup de céréales complètes, de produits laitiers, de fruits de mer, de légumineuses, de fruits et légumes et d'eau », a déclaré le professeur Clifton.

Les scientifiques soulignent toutefois que des études plus longues sur la consommation d'édulcorants artificiels seront nécessaires pour déterminer leurs effets potentiels sur le contrôle de la glycémie.

Alexandra Thompson