Les garçons de petite taille à la naissance seraient davantage susceptibles d’être stériles (55 %)

Les garçons de petite taille à la naissance seraient 55 % plus susceptibles d’être stériles une fois adultes. [Photo: Getty]

Les garçons de petite taille à la naissance seraient 55 % plus susceptibles d’être stériles plus tard dans la vie, d’après une étude.

Des scientifiques de l’université Aarhus au Danemark se sont penchés sur plus de 10 000 hommes et femmes nés entre 1984 et 1987.

En 2017, les hommes considérés petits pour leur âge gestationnel étaient 55 % plus susceptibles d'être diagnostiqués comme stériles ou de suivre des traitements contre l’infertilité, ce qui n’était pas le cas des femmes de petite taille à la naissance.

« Nous avons constaté que 8,3 % des hommes qui étaient de petite taille pour leur âge gestationnel à la naissance avaient été diagnostiqués d’infertilité ou étaient traités contre l’infertilité fin 2017, contre seulement 5,7 % des hommes nés avec un poids normal », a déclaré l'auteure de l'étude Anne Thorsted.

L'âge gestationnel fait référence au nombre de semaines qu'un fœtus passe dans l'utérus, et « de petite taille » correspond aux bébés dont le poids tombe dans la tranche des 10 % inférieurs par rapport à d'autres bébés du même âge.

Par exemple, le poids des participants de l'étude nés à terme oscillait entre 2,5 et 4,5 kg.

Ceux qui pesaient moins de 3 kg à la naissance pesaient donc moins que 90 % de leurs pairs et ont donc été qualifiés de petite taille pour leur âge gestationnel.

Des études antérieures associent une croissance limitée dans l'utérus à un plus grand risque de problèmes de pénis et de testicules, comme l’hypospadias, quand l'ouverture de l'urètre n'est pas à la pointe du pénis, la cryptorchidie (testicules non descendus) et le cancer testiculaire.

Les scientifiques ont analysé les registres de naissance pour obtenir des informations sur le poids gestationnel, les études étant rares et les résultats mitigés.

Des décennies plus tard, ils ont utilisé les registres sur les patients nationaux et la fécondation in vitro (National Patient and In Vitro Fertilisation registries) pour évaluer les taux d'infertilité.

La stérilité touche environ 12,5 % des couples, et les problèmes masculins seraient responsables dans environ un tiers des cas, ont confié les scientifiques dans la revue Human Reproduction.

Le lien entre la petite taille des hommes pour leur âge gestationnel et l'infertilité était moins évident une fois les hommes atteints d’hypospadias et cryptorchidie exclus.

« Le lien entre le poids gestationnel et l'infertilité pourrait donc en partie être associé aux effets de l’hypospadias et de la cryptorchidie réputée être liée à un risque ultérieur d'infertilité », a déclaré A. Thorsted.

L’hypospadias touche entre 125 et 300 garçons des États-Unis et « d’autres pays occidentaux »,  d'après les statistiques d'Hypospadias UK.

Environ un garçon sur 25 né au Royaume-Uni souffre de testicules non descendus, d'après le NHS. Aux États-Unis, le taux varie de 1 % à 3 % chez les bébés nés à terme et peut atteindre jusqu'à 30 % chez les prématurés.

D'autres facteurs peuvent également entrer en jeu pour expliquer le lien entre l'âge gestationnel et l'infertilité.

« Un environnement de croissance sous-optimal pour le fœtus, toutes raisons confondues, pourrait nuire au développement de la production de sperme et des organes reproducteurs », a déclaré A. Thorsted.

« On pourrait également spéculer que la santé et le mode de vie de la mère pendant la grossesse peuvent avoir un impact sur la croissance fœtale et le développement des fonctions reproductrices ».

« Nous savons déjà que le fœtus peut être touché si la mère fume. La cryptorchidie, l’hypospadias et la stérilité pourraient avoir des origines communes lorsque l’enfant est à l’état de fœtus ».

Les résultats ont révélé que les mères des bébés de faible poids à la naissance étaient les plus grandes fumeuses et buveuses, d'après la BBC.

« Nos résultats montrent que nous devons parfois examiner la vie aux tous premiers stades pour trouver la source de problèmes de santé qui apparaissent plus tard dans la vie », a déclaré A. Thorsted.

Les scientifiques précisent que les hommes étudiés au cours de l’étude étaient âgés de 32 ans en moyenne et pourraient donc encore devenir papa. Ils précisent également qu’il serait utile de répéter l'étude dans une dizaine d’années.

Allan Pacey, professeur d'andrologie à l'université de Sheffield, a déclaré à la BBC : « Il est important de noter que cette observation ne démontre pas de lien de cause à effet, mais qu’elle semble confirmer la théorie selon laquelle l’un des aspects les plus critiques de la vie d'un homme en lien avec sa fertilité pourrait être déterminé avant même sa naissance ».

« C'est difficile à comprendre, mais de nombreuses preuves récentes soutiennent cette idée, et cette nouvelle étude en fait désormais partie ».

Alexandra Thompson