Les glucides raffinés comme le pain blanc, les pâtes et le riz pourraient stimuler l'insomnie

Les aliments à indice glycémique élevé entraînent des pics de glycémie et perturbent le sommeil. [Photo: Getty]

Les glucides raffinés pourraient déclencher l'insomnie, d’après une étude.

Des scientifiques de l'université de Columbia à New York ont examiné les journaux alimentaires de plus de 50 000 femmes.

Ils ont constaté que celles qui suivaient un régime avec un indice glycémique plus élevé (IG) étaient plus susceptibles d’avoir du mal à dormir.

L'indice glycémique (IG) permet de mesurer l’impact des aliments riches en glucides sur le taux de glucose dans le sang. Les aliments à indice glycémique élevé, comme le pain blanc, les pâtes ou le riz, sont à l’origine de pics de glycémie.

« Lorsque la glycémie augmente rapidement, le corps réagit en libérant de l'insuline, et la baisse de sucre dans le sang qui suit peut entraîner la libération d'hormones, comme l'adrénaline et le cortisol, interférant potentiellement avec le sommeil », a déclaré l'auteur de l'étude, le Dr James Gangwisch.

L'insomnie touche un tiers des habitants au Royaume-Uni, d'après les statistiques de Bupa.

Aux États-Unis, 30 % des adultes ont du mal à s’endormir, et 10 % souffrent d’insomnie chronique, d'après l'American Sleep Association.

Des conditions médicales comme l'asthme, les maux de dos et la dépression peuvent être responsables, tout comme les horaires de travail particuliers, la sieste et certains médicaments, d'après la National Sleep Foundation.

En matière d’alimentation, l'alcool, la caféine et les repas copieux sont tous des déclencheurs reconnus.

D’autres études suggéraient déjà que les glucides raffinés pouvaient être à l’origine d'insomnie, mais les résultats étaient mitigés.

La plupart des essais étant de courte durée, on ignorait si les glucides raffinés déclenchaient ce trouble ou si les personnes qui avaient du mal à dormir mangeaient davantage d’aliments sucrées pour « rester éveillées toute la journée ».

Des scientifiques ont donc décidé de se pencher sur les habitudes alimentaires de dizaines de milliers de femmes ménopausées qui avaient participé à la « Women’s Health Initiative ».

Les résultats, publiés dans l’American Journal of Clinical Nutrition, suggèrent qu’une consommation supérieure de glucides raffinés avec un indice glycémique élevé stimule le risque d'insomnie.

En effet, les femmes qui consommaient le plus d’aliments à indice glycémique élevé étaient 11 % plus susceptibles de souffrir de troubles du sommeil par rapport à celles qui en consommaient moins.

Les sucres ajoutés et les céréales transformées se sont avérés particulièrement néfastes, tandis que les légumes et les fruits entiers (et non les jus) limitaient le risque.

« Les fruits entiers sont riches en sucre, mais les fibres qu'ils contiennent ralentissent le taux d'absorption et permettent d’empêcher les pics de glycémie », a déclaré le Dr Gangwisch.

« Cela suggère que les aliments fortement transformés qui contiennent de plus grandes quantités de sucres raffinés qu’on ne trouve pas dans les aliments naturels sont bien en cause ».

Les scientifiques espèrent ainsi aider les insomniaques à surmonter ce trouble sans avoir recours à des traitements.

« L'insomnie est souvent traitée à l’aide de la thérapie cognitivo-comportementale ou la prise de médicaments, mais ces solutions peuvent être coûteuses ou entraîner des effets secondaires », a déclaré le Dr Gangwisch.

« En identifiant d'autres facteurs à l’origine de l'insomnie, nous pourrions être en mesure de trouver des interventions simples et peu coûteuses associées à moins d'effets secondaires potentiels ».

« D’après nos résultats, il serait nécessaire de mener des essais cliniques randomisés afin de déterminer si une intervention diététique, axée sur l'augmentation de la consommation d'aliments entiers et de glucides complexes, pourrait permettre de prévenir et de traiter l'insomnie ».

Les scientifiques se sont uniquement penchés sur les habitudes alimentaires de femmes ménopausées, mais considèrent que les résultats s'appliquent également à d'autres populations.

Alexandra Thompson